Attentats de Bruxelles : le regard des journalistes du 22 mars 2016
Au matin du 22 mars, une explosion a eu lieu à l’aéroport de Zaventem, suivie de deux autres explosions, dont une à la station de métro Maelbeek. Les journalistes ont immédiatement dû s’adapter en déclenchant des émissions spéciales face à la situation d’urgence, alors que la piste terroriste n’était pas confirmée.
« C’était une matinée fraîche et tout a basculé juste après le journal de 8 heures », relate Mehdi Khelfat dans Attentats de Bruxelles : l’urgence d’informer. Chargé de présenter l’émission Matin Première ce jour-là, il reçoit la nouvelle en direct. Quelques minutes avant le bulletin d’information, une première explosion retentit à l’aéroport de Zaventem, suivie d’une seconde, puis d’une troisième à la station de métro Maelbeek. Ce que l’on redoutait depuis les attentats de Paris était en train de se réaliser à Bruxelles.
Les médias belges doivent réagir vite face à l’urgence : rassembler, recouper, vérifier et analyser les informations. Partout, les chaînes de télévision abandonnent leur programmation habituelle pour diffuser des émissions spéciales et des éditions inédites.
Il n’existe plus de « je suis journaliste culture » ou « je suis journaliste économique ». Tous les journalistes sont potentiellement mobilisables. – Xavier Ducarme, La Libre.
Sur le terrain : être les yeux et les oreilles du pays
Au début, la piste du terrorisme n’est pas immédiatement validée. Les journalistes adoptent le réflexe d’aller sur place pour recueillir les premières informations. Leur tâche s’avère complexe car la police a vite établi un périmètre de sécurité.
Sur le terrain, le stress, l’agitation et l’adrénaline sont palpables. La compétition entre médias est également présente, chacun essaie d’obtenir une image, un témoignage ou une information inédite. Tous les journalistes de terrain s’efforcent de remplir leur mission : être les yeux et les oreilles du public. Ils rapportent ce qu’ils observent, décrivent les événements en cours, et coécrivent un récit avec les témoins directs.
En plateau : improviser, vérifier, éclairer
À la rédaction, les journalistes se chargent d’apporter une perspective globale. Cependant, aucune information n’est garantie. Les sources se multiplient et des fragments d’information arrivent de toutes parts. Il y a des vérités parmi des mensonges, mais il est impératif de commencer à diffuser les nouvelles, de vérifier les informations recueillies sur le terrain et de mettre à jour l’actualité en direct si besoin.
Les lignes téléphoniques sont saturées et les appels ne passent pas, perturbant le lien entre les journalistes présents sur le terrain et les différentes sources. À la RTBF, par exemple, les journalistes utilisent des téléphones satellites. Un protocole d’urgence a ainsi été mis en place.
Nous appliquons en Belgique des protocoles habituellement utilisés à l’étranger dans des situations difficiles. – Frédéric Gersdoff, RTBF.
Et que doit-on montrer ? Que doit-on éviter de montrer ? « Nous pensons aux familles, aux autres victimes », indique Xavier Ducarme. Diffuser des images et informer pour le bien commun sont des responsabilités journalistiques. Cependant, il est également primordial de respecter la dignité humaine et la sécurité nationale.
Face aux imprévus, les journalistes ont dû mettre en lumière à la fois leurs atouts et leurs faiblesses. Un effort collectif indispensable pour éclairer le public et rendre hommage avec dignité aux victimes des attentats du 22 mars.
À la mémoire des victimes des attentats de Bruxelles.
Regardez Attentats de Bruxelles : l’urgence d’informer, ce mardi 17 mars à 20h05 sur RTBF Tipik et en streaming sur RTBF Auvio.

