Attentat déjoué de Villepinte: le diplomate iranien ne va finalement pas en appel (Mise à jour)

Amir Saadouni et sa compagne, Nasimeh Naami avaient été interceptés à Woluwe alors qu’ils étaient en route pour le meeting de l’opposition. Ils transportaient la bombe, à base de TATP dissimulé dans une trousse de toilette, que leur avait remis Assadi, deux jours plus tôt à Luxembourg.

L’engin explosif avait été fabriqué en Iran, d’où il avait été expédié vers l’Europe dans une valise diplomatique prise en charge par un avion de ligne. Le dernier complice, avait été arrêté à Villepinte. Le trio a été condamné à des peines comprises entre 15 et 18 ans.

Diplomate basé à Vienne

La figure centrale était Assadollah Assadi, le troisième secrétaire de l’ambassade d’Iran à Vienne. Il avait été arrêté en Allemagne et remis aux autorités judiciaires belges. En première instance, le 4 février dernier, devant le tribunal correctionnel d’Anvers, c’est lui qui avait été condamné à la peine la plus lourde: 20 ans de prison.

Mercredi, devant la cour d’appel, Me Dimitri de Béco a indiqué que son client n’allait pas en appel. 

Comme ses trois comparses, il avait portant signé, dans les délais prévus, un acte d’appel. Cet appel n’avait toutefois été déposé qu’à titre conservatoire car son client n’avait pas encore arrêté définitivement sa décision, a assuré mercredi Me de Béco à l’issue de l’audience. Il n’avait pas complété la feuille indiquant les griefs qu’il faisait au jugement. 

Ne pas reconnaître la justice belge

Son client a finalement indiqué qu’il n’irait pas en appel. « J’ai donc confirmé devant la cour ne pas aller en appel », dit Me de Béco. Deux raisons principales ont motivé son client, ajoute-t-il. D’une part, il ne reconnaît pas la compétence de la justice belge car il dispose d’une immunité. D’autre part, il estime que les droits de la défense n’ont pas été respectés et qu’il s’agit d’un procès politique où tout est décidé à l’avance.  

Le jugement est donc, pour ce qui le concerne, définitif. Les trois autres seront jugés par la cour d’appel les 17 et 18 novembre.

Le dossier est sensible. Avant le jugement, Téhéran avait fait savoir qu’il ne reconnaîtrait pas un jugement condamnant son diplomate, qui devait bénéficier de l’immunité diplomatique. Sa défense avait plaidé dans ce sens. Mais le tribunal n’avait pas retenu son argumentation.

Protestations de Téhéran

Quelques jours après le jugement en première instance, l’ambassadeur de Belgique à Téhéran avait été convoqué « afin de transmettre la vive protestation de la République islamique d’Iran contre la décision illégale du tribunal d’Anvers concernant notre diplomate Assadollah Assadi ».

Parmi d’autres, le Conseil national de la résistance iranienne, qui fédère des groupes de l’opposition iranienne, était partie civile au procès. Son avocat, Me Georges-Henri Beauthier, souligne que ce désistement d’appel confirme le fait que l’immunité diplomatique est inconcevable dans ce dossier. « C’est fondamental au niveau de la jurisprudence », relève-t-il.

Il reste néanmoins prudent. Par le passé, Téhéran a négocié des « échanges » de détenus avec des pays occidentaux. Or, un professeur de la VUB, Ahmad Reza Jalali, a été arrêté en 2016 à Téhéran. Cet universitaire irano-suédois a depuis été condamné à mort pour espionnage.