Belgique

Attentat déjoué à Paris lié à des actions en Belgique, affirme le ministre.

Les faits se sont déroulés vers 03h30, rue La Boétie, dans le centre-ouest de Paris, devant les locaux de la Bank Of America. L’homme interpellé a affirmé être mineur et de nationalité sénégalaise, selon une source policière.


Les événements se sont produits aux alentours de 03h30, rue La Boétie, dans le centre-ouest de Paris, devant les bureaux de la Bank Of America. Des policiers ont arrêté un individu qui venait de déposer un engin explosif artisanal, selon des sources proches de l’enquête. Celui-ci a été placé en garde à vue, comme l’a confirmé le Pnat.

Le parquet antiterroriste, qui a rapidement pris en charge l’affaire, a indiqué avoir ouvert une enquête pour « tentative de dégradation par incendie ou moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste ». Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris ainsi qu’à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Ce samedi soir, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué sur BFMTV un lien entre cet attentat déjoué et le conflit au Moyen-Orient. Il a déclaré que « cette affaire fait penser à des actions similaires qui se sont déroulées dans d’autres pays européens », mentionnant notamment « la Belgique ». Il a ajouté : « Je fais le lien avec les actions menées dans les pays voisins (…) qui ont abouti » et ont été suivies de « revendications d’un groupuscule qui faisaient référence au conflit ».

« Et c’est toujours le même mode opératoire », a poursuivi le ministre. « Un engin explosif improvisé qui est déposé par des individus qui sont soit mineurs, soit des jeunes hommes, qui appartiennent plutôt à la délinquance de droit commun, et qui sont rétribués pour mener ces actions. Et dans les pays que je cite, il y a eu un groupuscule identique qui revendique ces actions donc manifestement il y a une action concertée. »

Un groupuscule, Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya (Hayi), a effectivement revendiqué ces derniers jours plusieurs attaques contre la communauté juive, notamment en Belgique, après l’attaque de la synagogue de Liège, ainsi qu’à Anvers, où une voiture a été incendiée dans le quartier juif, et également au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. À chaque fois, des vidéos de ces opérations ont été partagées sur des chaînes Telegram considérées comme proches des Gardiens de la révolution islamique iranienne.

« Il y a un certain nombre de services iraniens qui sont susceptibles de mener des actions telles que celle-là au moyen de proxy. Est-ce que c’est le cas ici ? Je n’en sais rien du tout », a ajouté Laurent Nuñez, tout en précisant qu’il « y a une grosse similitude entre cette action et ce qui s’est passé dans d’autres pays européens ». « Je ne pointe pas un commanditaire (…) mais il y a quand même une suspicion », a-t-il conclu.

Concernant l’engin explosif, il était composé d’un bidon transparent de 5 litres de liquide, probablement un hydrocarbure, et d’un système de mise à feu, selon une des sources. La charge incluait un pétard d’environ 650 grammes de poudre explosive, d’après les premiers éléments d’enquête. L’ensemble a été pris en charge par le laboratoire d’analyse de la préfecture de police de Paris.

L’homme interpellé sur les lieux était accompagné d’un deuxième individu qui a réussi à s’enfuir en courant.

Le suspect a déclaré, selon une source policière, avoir été déposé sur place en voiture par un homme. Les deux hommes seraient arrivés à pied devant l’établissement américain. Pendant que le premier plaçait le dispositif, le second s’est éloigné pour, semble-t-il, prendre des photos ou une vidéo avec son téléphone portable.

Le suspect a affirmé être mineur et de nationalité sénégalaise, selon la même source qui a précisé que son identité était en cours de vérification. Il a expliqué avoir été recruté via l’application Snapchat pour réaliser cette opération contre la somme de 600 euros. Au moment de son interpellation par les policiers, il s’apprêtait à activer le dispositif avec un briquet.

« Nous sommes au courant de la situation et nous communiquons avec les autorités » françaises, a déclaré un porte-parole de la banque, basée à Charlotte en Caroline du Nord.

Dans un message publié sur X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait précédemment qualifié les faits d' »action violente à caractère terroriste ». Il a insisté sur le fait que « la vigilance demeure plus que jamais à haut niveau », remerciant les policiers pour leur intervention et leur « mobilisation » dans le « contexte international que nous connaissons ».

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le ministre a envoyé plusieurs télégrammes appelant à une « vigilance extrême » des forces de l’ordre, en particulier pour protéger les opposants iraniens, leurs locaux associatifs, les lieux de culte juifs, ainsi que les intérêts américains et israéliens, considérés comme cibles potentielles d’actes terroristes.

Pour ce faire, Laurent Nuñez a demandé un renforcement de la mobilisation des forces de l’ordre avec un engagement accru des forces de l’opération Sentinelle, notamment dans les gares et les lieux publics à forte affluence.

Jusqu’à ce samedi, aucun projet d’attentat ou attentat n’avait été identifié et déjoué en France depuis le début de la guerre.

Cette opération déjouée représente la « concrétisation de la menace iranienne contre les intérêts américains et israéliens partout en Europe, identifiée par les autorités » depuis le début du conflit, a commenté une source proche du dossier auprès de l’AFP.

Bien que la France ne soit pas considérée comme une cible en soi, le gouvernement et les services de sécurité mettent en garde, depuis le début de la guerre, contre le risque d’actions terroristes visant tout ce qui est lié aux États-Unis et à Israël sur le territoire.