Attentat au Musée juif: Mehdi Nemmouche espère que son son innocence sera « reconnue »

Belgique

La cour d’assises de Bruxelles, présidée par Laurence Massart, a entamé, jeudi à 9h13, le procès de l’attentat au Musée juif de Bruxelles.

Toutes les parties au procès sont réunies devant la cour pour une audience préliminaire ce jeudi, destinée à établir la liste des témoins et le programme des audiences pour les six à huit prochaines semaines. Dans ce dossier, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont accusés d’avoir commis quatre assassinats à caractère terroriste, le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, rue des Minimes à Bruxelles. Les avocats de la défense, les avocats de la partie civile et les procureurs sont tous présents ce jeudi devant la cour d’assises pour cette première audience d’un procès de plusieurs semaines. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont également présents dans le box des accusés. Ils ont refusé d’être filmés.

Les différentes parties vont proposer les témoins qu’elles souhaitent faire entendre au procès et la cour établira ensuite une liste complète des témoins à citer. Un programme complet des débats sera alors élaboré.

Au cours de cette audience, « Mehdi Nemmouche espère enfin, après quatre années (d’emprisonnement, ndlr), voir son innocence reconnue », a déclaré Me Courtoy devant la cour d’assises de Bruxelles.

Lire le témoignage: « Vivre l’attentat au Musée juif, c’est un film d’horreur qui ne s’arrête jamais »

Après cette brève audience, les parties se retrouveront ensuite le 7 janvier prochain à 9h pour le tirage au sort des jurés, puis le 10 janvier prochain à 9h pour entamer les débats, prévus chaque jour de semaine jusqu’à début mars.

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de respectivement 33 et 30 ans, sont accusés d’être auteurs ou co-auteurs de l’attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles.

Elle avait coûté la vie à quatre personnes: Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.

La défense de Nemmouche dénonce le dépôt tardif de « pseudo » éléments par le parquet

Le parquet fédéral a fait « main basse » sur les droits de la défense en déposant tardivement des pièces, a dénoncé à son arrivée à la cour d’assises de Bruxelles Me Sébastien Courtoy, avocat de Medhi Nemmouche. « Le parquet fédéral a reçu le dossier il y a six mois et dépose des pièces cinq jours avant la date de dépôt de notre liste de témoins, nous n’avons donc pas la possibilité de faire appel à un contre-expert », s’insurge l’avocat.

Ces éléments concernent les repérages effectués par l’accusé principal au Musée juif avant les faits du 24 mai 2014. « Des pseudo repérages », commente Me Courtoy. « Cela fera l’objet de débats croustillants dans la mesure où nous avons des doutes sur leur authenticité. »

Nemmouche ne souhaite pas que les membres de sa famille soient entendus

Me Sébastien Courtoy, conseil de Mehdi Nemmouche, a demandé à la cour d’assises de Bruxelles, jeudi matin, que les membres de la famille de son client ne soient pas entendus comme témoins durant le procès. Mehdi Nemmouche lui-même a demandé à la cour de ne pas citer sa grand-mère comme témoin. « Elle a déjà été auditionnée et ça a été extrêmement difficile pour elle. Ne pourrait-on pas simplement lire sa déclaration? Il n’y a rien dans son témoignage », s’est exprimé Mehdi Nemmouche à propos de l’éventuelle audition de sa grand-mère devant la cour d’assises. Il souhaite qu’elle ne soit pas citée à venir comparaître comme témoin de moralité.

Me Sébastien Courtoy, l’un des conseils de Mehdi Nemmouche, a également demandé à la cour de n’entendre aucun des membres de la famille de son client. « Monsieur Nemmouche veut qu’on en reste aux faits. Il veut protéger sa grand-mère surtout », a-t-il dit.

La défense demande un report et menace de se tourner vers des juridictions supérieures

La défense de Medhi Nemmouche devant la cour d’assises de Bruxelles demande un report de 15 jours pour pouvoir étudier l’acte d’accusation et les dernières pièces déposées par le parquet fédéral, a indiqué jeudi Me Sébastien Courtoy. Il a par ailleurs assuré que son client reconnaissait l’autorité du tribunal et qu’il était donc présent à l’audience pour faire valoir son « innocence ». « Toute la presse peut disposer de l’acte d’accusation en allant frapper à la porte du parquet fédéral », a dénoncé l’avocat. Il fustige une « stratégie du pourrissement » orchestrée et « préméditée » par le ministère public.

« Le parquet fédéral a demandé des devoirs d’enquête en juin (concernant les repérages) et n’a obtenu les résultats que cinq mois plus tard alors qu’il dispose d’une formidable armée d’enquêteurs? », s’est-il ironiquement interrogé, soulignant que la défense n’avait elle eu que cinq jours pour en prendre connaissance avant le dépôt de sa liste de témoins.

Medhi Nemmouche est « très loin » du portrait qui a été fait de lui, a ajouté Me Courtoy. Il reconnaît l’autorité de la cour, mais si ses droits ne sont pas respectés, « il se taira pour l’éternité ». L’avocat s’est aussi plaint de l’organisation du tribunal, qui ne lui permet pas selon lui de s’entretenir de manière suffisamment confidentielle avec son client, ou encore de la cagoule portée par l’agent de sécurité assis à côté du box, et qui donnerait à ses yeux l’impression aux jurés que Medhi Nemmouche est déjà coupable.

La défense du principal accusé réclame que les débats soient reportés de quinze jours, soit au 25 janvier. Si elle n’obtient pas gain de cause, elle n’hésitera pas à se tourner, in fine, vers la Cour de justice de l’Union européenne, a encore dit Me Courtoy.