Attentat au Musée juif: ce que Mehdi Nemmouche « a fait est un déshonneur et une honte » pour sa grand-mère

Belgique

La cour d’assises de Bruxelles entend vendredi les témoignages de membres de la famille de Mehdi Nemmouche, principal accusé de l’attentat au Musée juif de Belgique. Plusieurs sont absents et ont rendu un certificat médical, à l’instar de la grand-mère de l’accusé. Celle-ci, interrogée par les enquêteurs en 2014 et en 2016, estimait que ce que son petit-fils « a fait est un déshonneur. C’est une honte pour moi et ma famille ». La grand-mère de Mehdi Nemmouche, chez laquelle l’accusé a vécu de 16 à 21 ans, a « fondu en larmes » lorsqu’elle a appris que son petit-fils était suspecté d’avoir commis l’attentat au Musée juif de Belgique. « J’ai failli m’évanouir. Pas pour lui mais pour les victimes », a-t-elle dit aux enquêteurs. « Ce qu’il a fait est un déshonneur, une honte pour moi et ma famille. Je le renie », s’était-elle exclamée en juin 2014.

Mehdi Nemmouche a été placé à l’âge de six mois, sa mère ne pouvant s’occuper de lui. Enfant, il était « gentil et respectueux », souligne la grand-mère. Mais « il gardait tout pour lui ». Elle pense que Mehdi Nemmouche « faisait un complexe d’infériorité parce qu’il n’avait pas de parents ».

Lors de la période où l’accusé vivait chez elle, Mehdi Nemmouche a été incarcéré deux fois, explique la grand-mère. Au terme de la seconde fois, il est parti vivre ailleurs.

A sa libération de prison en 2012, il a résidé chez elle trois semaines. « Il portait la barbe, il avait changé de vêtements et de comportement. Il faisait sa prière », détaille-t-elle. « Je lui ai demandé comment il pouvait faire la prière alors qu’il avait commis des bêtises. Il m’a répondu que ce n’était pas grave. »

En mars 2014, son petit-fils réapparaît. Il ne porte plus la barbe et était « bien coiffé ». Il était « moins timide et plus souriant ».

La grand-mère explique qu’elle était proche de son petit-fils, qu’elle considérait être un « bon garçon ». Lorsqu’elle a appris les faits dont il est accusé, elle a été « surprise. Je me suis sentie trahie. Toute la famille a encore du mal à y croire. Pour nous, il a sali notre nom de famille ».

Elle conclut son témoignage en disant qu’elle reprochait à son petit-fils « ce qu’il avait fait. Je ne peux pas lui pardonner et je ne peux pas pardonner à ceux qui lui ont pollué la tête ».

Un « solitaire »

L’accusé de la tuerie au Musée juif de Belgique est quelqu’un de « solitaire, introverti et débrouillard ». « Il ne compte que sur lui à tous points de vue et va toujours au bout des choses », ressort-il du témoignage de son seul ami connu, qui a été lu vendredi devant la cour d’assises de Bruxelles. L’ami de Mehdi Nemmouche, dont la compagne avait été entendue par la cour jeudi de la semaine passée, ne s’est pas présenté ce vendredi.

Il ressort de ses auditions par les enquêteurs qu’il a été surpris par le fait que l’accusé s’était plongé dans la religion lors de son séjour en prison. Il avait été interpellé, lorsqu’il a été le chercher à sa sortie en 2012, de le voir crier « Allahu Akbar ».

Mehdi Nemmouche a peu après expliqué à son ami qu’il voulait aller faire le djihad en Syrie, pour imposer un Etat islamique et la charia.

Sur place, l’accusé a appelé le témoin pour lui raconter ce qu’il vivait, notamment qu’il se trouvait d’abord dans un groupe qui ne lui plaisait pas et que nombre de ses camarades avaient été tués. Son ami lui avait conseillé de rentrer.

Invité à consulter les images de vidéo-surveillance du Musée juif, le témoin dit qu’il pourrait reconnaître Mehdi Nemmouche, qu’il y a une ressemblance, notamment de profil, mais qu’il n’est « pas sûr à 100% ».

Avant de partir en Syrie, l’accusé n’était « pas du tout dans le terrorisme », selon son ami. « Je ne l’aurais jamais cru capable de faire ça, je ne comprends pas comment quelqu’un d’une telle intelligence a pu commettre un acte pareil. C’est un acte ignoble et lâche », avait-il dit.