Attaque contre l’Iran : la guerre pourrait-elle rétablir Israël diplomatiquement ?
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a déclaré que l’élimination de la capacité nucléaire et des missiles balistiques de l’Iran, ainsi que la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, sont applaudies par de nombreux collègues au sein de l’OTAN. Le Qatar a affirmé ce mardi ne plus être en contact avec l’Iran après que plusieurs attaques ont été déjouées sur l’aéroport de Doha.
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a donné le ton mardi en Macédoine du Nord, répondant sans détour aux questions des journalistes concernant la guerre au Proche-Orient. Il a déclaré : « J’ai clairement perçu que l’élimination de la capacité nucléaire, la neutralisation de la capacité de missiles balistiques, ainsi que la disparition du guide suprême iranien Ali Khamenei sont applaudies par nombre de mes collègues au sein de l’OTAN. […] Je pense que nous sommes tous mieux lotis maintenant qu’il est mort et que les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran sont frappées et réduites au fur et à mesure. »
Des commentaires similaires se multiplient, tandis que les rappels au droit international semblent étouffés par l’approbation de frappes contre le régime des Mollahs. Les répliques iraniennes renforcent l’opposition à l’Iran. Le Qatar a annoncé qu’il n’est plus en contact avec l’Iran après que plusieurs attaques aient été déjouées à l’aéroport de Doha. De plus, des installations pétrolières ont été visées par des drones iraniens à Oman et aux Émirats arabes unis. Dans plusieurs pays, la production de certains produits pétroliers transformés a été suspendue.
Vers un front commun contre l’Iran ? Les pays arabes semblent avoir tourné la page de la guerre à Gaza. Pour Frédéric Encel, docteur en géopolitique à Sciences Po Paris, « il ne faut pas confondre deux dimensions des relations internationales. La dimension humaniste ou humanitaire et là, de fait, pendant deux ans, la guerre a été extrêmement dure et les pays arabes, mais aussi beaucoup de pays dans le monde, ont pointé la disproportion d’Israël dans leur réaction face au pogrom du Hamas du 7 octobre. Mais cette première dimension n’empêchait pas sur le plan politico-militaire de rester aux côtés d’Israël, y compris les États arabes. Les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan n’ont pas rompu les accords d’Abraham pendant les deux ans de guerre à Gaza (les accords d’Abraham normalisent la relation diplomatique entre Israël et plusieurs pays arabes en 2020, ndlr). Et même si l’Arabie saoudite ne reconnaît toujours pas Israël, ils restent dans l’axe des États-Unis et d’Israël face à l’Iran. Beaucoup d’États du sud global sont aux côtés d’Israël sur le plan politico-militaire. »
Seules la Chine et la Russie continuent d’afficher une opposition à la guerre contre l’Iran. Le Royaume-Uni a également refusé de participer aux frappes.
Selon Frédéric Encel, « l’Iran est tellement répressive et a démontré une telle toxicité sur le plan humain, géopolitique et sur le plan du terrorisme que ceux qui mettent à mal cette République islamique bénéficient d’un soutien, en creux, c’est plutôt une forme de soulagement ou d’acquiescement face à la fragilisation d’un régime particulièrement ignoble. Mais je ne crois pas que ça bénéficie aux États-Unis ou à Israël dans les opinions publiques. »
Il ajoute que « les pays arabes comptent toujours sur le soutien israélo-américain. Non pas parce qu’ils apprécient le projet du mouvement sioniste, Benjamin Netanyahou et Donald Trump, mais ce qu’ils perçoivent comme menace majeure ce n’est pas Israël, c’est l’Iran. Ne croyons pas naïvement que parce qu’ils sont arabes ou musulmans et anciennement hostiles à Israël, ils ne souhaitent pas la chute du régime iranien. »
Israël mise d’ailleurs sur ce coup de force pour retrouver une position décisive sur l’échiquier mondial. Gideon Saar, ministre israélien des affaires étrangères, a convoqué une soixantaine d’ambassadeurs pour leur demander de « rompre toute relation avec ce pays après l’attaque de l’Iran contre tous ses voisins et le massacre de son propre peuple. »
Les frappes iraniennes contre certains États du Golfe alliés des États-Unis avaient pour objectif de les inciter à faire pression sur le président américain Donald Trump et sur Israël pour qu’ils mettent fin à la guerre. Cependant, il apparaît que l’Iran a mal évalué la situation.
Abdulaziz Sager, président du groupe de réflexion Gulf Research Center basé en Arabie saoudite, déclare que « les États du Golfe sont désormais confrontés à des choix difficiles : se joindre plus ouvertement aux États-Unis dans leur effort de guerre, en autorisant l’utilisation de leur espace aérien et de leur territoire et en participant potentiellement à des opérations militaires, ou risquer une nouvelle escalade sur leur propre sol. »
Les pays arabes opting for supporting Israel and the United States in their war against Iran. Bien que les opinions publiques n’aient probablement pas oublié les crimes de guerre à Gaza, les diplomaties se rangent du côté de l’opposition aux mollahs, avec Israël comme acteur majeur.

