Après sa longue cavale, le « couple diabolique » sera bientôt rejugé à Bruges

Surnommés « le couple diabolique » par les médias, Hilde Van Acker, 57 ans, et Jean-Claude Lacote, 54 ans, sont accusés d’avoir tué un homme d’affaires britannique en 1996 sur la côte belge.

Condamnés en leur absence, en 2011, à la prison à perpétuité par la cour d’assises de Bruges, tous deux ont souhaité être rejugés après leur arrestation.

Un temps en détention provisoire dans l’enquête, le couple avait profité d’une remise en liberté, dès fin 1996, pour se soustraire à la justice.

Leur longue cavale les a menés d’Europe en Côte d’Ivoire en passant par le Brésil et l’Afrique du Sud, où les autorités belges les avait repérés et ont tenté en vain pendant 20 ans d’obtenir leur extradition, d’après l’accusation.

Le meurtre à connotation mafieuse du Britannique Marcus Mitchell, tué de deux balles dans la tête en mai 1996 dans la station balnéaire du Coq (De Haan en flamand), avait défrayé la chronique à l’époque.

Le quotidien belge Le Soir écrivait en 1996 que M. Lacote avait fait allusion à de l’espionnage durant ses auditions, prétendant être « un informateur des services secrets français, du MI 5 britannique et de la douane allemande ».

Trafic de drogue, achat de matériel militaire, filières serbe ou libyenne et des sommes équivalentes à plusieurs centaines de milliers d’euros avaient été évoqués dans la presse belge.

Selon l’agence Belga, les enquêteurs ont découvert que M. Mitchell avait prêté, peu avant sa mort, 300.000 livres sterling aux deux suspects, une somme avec laquelle ils étaient censés conclure « une affaire lucrative en Libye ».

Le procès à Bruges devrait durer au moins dix jours, vraisemblablement jusqu’à début décembre.

L’audience démarre le vendredi 20 novembre et il est prévu d’entendre les 51 témoins cités jusqu’au lundi 30, avant la phase de plaidoiries et le réquisitoire.

Hilde Van Acker et Jean-Claude Lacote avaient été arrêtés en novembre 2019 à Abidjan par la gendarmerie ivoirienne. Ils figuraient alors sur la liste des personnes les plus recherchées (« Most wanted ») de l’organisation internationale Europol.

Le couple avait été extradé en Belgique en février, signifiant alors au ministère public son intention de comparaître à nouveau aux assises.