Après Davos, Bart De Wever est-il le « meilleur défenseur des intérêts belges » ?
En mars 2025, Politico a qualifié le Premier ministre belge de « l’homme le plus drôle de l’Union européenne ». Bart De Wever a été décrit comme le meilleur défenseur des intérêts belges depuis très longtemps par plusieurs diplomates.
« L’homme le plus drôle de l’Union européenne« , présentait en mars 2025 le Premier ministre belge selon le média spécialisé Politico. « C’est un tribun incroyable, polyglotte, qui a le sens des phrases choc et de l’humour« , a déclaré Béatrice Delvaux. « Son humour, ses langues, son envergure intellectuelle, il a des références, il cite les penseurs, les philosophes« , a ajouté Dorian de Meeûs. Les éloges ne manquent pas.
« Plusieurs diplomates m’ont dit que c’était le meilleur défenseur des intérêts belges depuis très longtemps« , a rapporté le rédacteur en chef de La Libre. « Déjà parce qu’il prend du plaisir au niveau européen. Puis, il était déjà baigné dans les enjeux internationaux en tant que bourgmestre d’Anvers. Enfin, il peut faire des liens avec les autres conservateurs européens et les moins conservateurs, c’est un atout« . Depuis l’arrivée de Bart De Wever au 16, les échelles européenne et internationale sont devenues prioritaires, permettant à la Belgique de se démarquer et de défendre ses intérêts, notamment lors de la crise des avoirs russes, où il en est sorti victorieux.
Un difficile éloignement des États-Unis pour le leader de la N-VA
Lors du sommet de Davos, le Premier ministre belge a également prononcé un discours marquant, non seulement condamnant l’agressivité des États-Unis, mais proposant une nouvelle approche des relations internationales. « Bart De Wever s’est inscrit, à l’instar du Premier ministre canadien, dans l’idée qu’il faut s’affirmer, dépasser les lignes rouges et arrêter d’être nostalgique« , a commenté l’éditorialiste du Soir. « Son discours, contrairement à celui d’Emmanuel Macron, qui était plus défensif en prônant la préservation de l’ancien modèle, montre qu’il n’a pas peur du rapport de force et qu’il exprime ses convictions« .
Cependant, ce virage n’est pas évident pour le leader de la N-VA, un parti traditionnellement atlantiste, comme en témoigne le ministre de la Défense Theo Francken. « Au début, De Wever était plutôt un fervent défenseur des États-Unis. À la N-VA, il a fallu du temps pour reconnaître que la stratégie de Trump représentait un danger« , a rappelé Béatrice Delvaux. Le Premier ministre peut-il donc réviser ses convictions au service de l’intérêt national de la Belgique?
Une politique internationale toujours guidée par les convictions conservatrices de Bart De Wever
Pour Dorian de Meeûs, la situation est plus nuancée : « Il a changé d’échelle, mais pas de convictions. Il continue à contester la forme et l’efficacité de l’État belge, mais est également conscient qu’il n’y a pas de majorité aujourd’hui pour changer la constitution. Il reste un conservateur. »
Un penchant flamand qui peut parfois prendre le pas sur les « valeurs partagées de la Belgique« , selon Béatrice Delvaux, qui rappelle la lettre signée par Bart De Wever et huit autres chefs d’États européens, adressée à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), lui reprochant d’entraver leur politique migratoire. « Je ne suis pas sûre que toute la Belgique défende ce point de vue, et que ça correspond à ce que les juges trouvent normal« , a-t-elle ajouté.
Bien qu’il ait su « donner à la Belgique un poids qu’elle n’avait pas avant, il a surtout mis Bart De Wever sur la carte« , a conclu Béatrice Delvaux.
► Écoutez l’intégralité de ce débat dans le podcast de Matin Première ci-dessus.

