Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée, devient chevalier par Macron
Le président français Emmanuel Macron a décoré mercredi Ali Akbar des insignes de chevalier de l’Ordre national du mérite, soulignant qu’il est un « magnifique exemple » d’intégration. Ali Akbar, âgé de plus de 70 ans, perçoit 1000 euros de retraite par mois et continue à travailler de 15h00 à 22h00, écoulant en moyenne une trentaine de journaux par jour.
Le président français Emmanuel Macron a remis mercredi les insignes de chevalier de l’Ordre national du mérite à Ali Akbar, le dernier crieur de journaux à Paris, qualifiant ce dernier de « magnifique exemple » d’intégration qui « rend notre pays plus fort et plus fier ».
« Très ému », ce Pakistanais de plus de 70 ans, arrivé en France à l’âge de 20 ans, a exprimé son enthousiasme pour la fausse manchette qu’il prévoit de crier dans les jours à venir, aimant annoncer des titres parodiques : « Ça y est, je suis chevalier ! J’ai réussi ! ».
« Vous êtes l’accent du VIe arrondissement, la voix de la presse française », a déclaré le chef de l’État lors de la cérémonie à l’Élysée, saluant cette figure emblématique du quartier de Saint-Germain-des-Prés, un lieu où a longtemps vécu le Tout-Paris littéraire.
Ali Akbar a souligné qu’après avoir fait face à « la pauvreté, le travail imposé, les violences » dans son pays d’origine, « le sol français » lui avait offert « l’espoir d’une vie meilleure ». Il a déclaré : « C’est un magnifique exemple dans un moment où nous entendons si souvent les vents mauvais […] il y a aussi beaucoup d’histoires comme Ali qui s’écrivent, de femmes et d’hommes qui ont fui la misère pour choisir un pays de liberté et qui y ont construit une vie qui rend notre pays plus fort et plus fier« , a insisté le président.
### « Irrévérence tricolore »
Ali Akbar a, selon Emmanuel Macron, « porté, si je puis dire, le monde à bout de bras et la France dans votre cœur ».
Dès ses débuts de crieur dans les années 1970, grâce à sa rencontre avec le cofondateur des journaux satiriques Hara-Kiri et Charlie Hebdo, Ali Akbar a choisi le quartier de Sciences Po. Il se souvient avoir rencontré de nombreux étudiants qui sont devenus depuis ministres ou députés, voire président de la République, comme Emmanuel Macron.
Svelte, avec son visage fin et ses journaux sous le bras – principalement Le Monde aujourd’hui –, il parcourt encore les rues de la rive gauche de Paris en récitant des manchettes humoristiques, une manière de parodier les événements politiques avec le sourire. Le français est « devenu votre langue », lui a fait remarquer le chef de l’État, soulignant qu’il a appris à « jouer » avec.
Il a dit : « Vous avez porté, si je puis dire, le monde à bout de bras et la France dans votre cœur« , en référence au quotidien du soir.
Il y a cinquante ans, Paris comptait environ quarante crieurs de journaux, postés à des endroits stratégiques tels que les bouches de métro. Ali Akbar s’est distingué en choisissant de déambuler, et, dans les années 1980, en commençant à inventer des titres parodiques et accrocheurs.
Il perçoit une pension de 1000 euros par mois mais continue à travailler de 15h00 à 22h00. À l’ère du tout numérique, il vend en moyenne une trentaine de journaux par jour, contre 150 à 200 à ses débuts.
Et maintenant ? « Je vais rester, je vais continuer à vendre les journaux« , confie Ali Akbar, ajoutant qu’il souhaite « amuser les gens avec mes blagues« .

