Belgique

Alep évacuée, Daech bombardé : double flambée de violence en Syrie

300 Kurdes ont été arrêtés, dont des membres des forces de sécurité kurdes. Selon le gouverneur de la ville, environ 155.000 personnes ont fui depuis mardi les quartiers à majorité kurde.


Dans le même temps, 300 autres Kurdes ont été arrêtés, y compris des membres des forces de sécurité kurdes. Dans la nuit, un correspondant de l’AFP a observé plusieurs bus quitter le quartier de Cheikh Maqsoud sous escorte des forces gouvernementales.

### Un accord fragile après plusieurs jours de combats

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, ont confirmé le départ de leurs combattants des quartiers d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud, après plusieurs jours d’affrontements meurtriers avec l’armée syrienne.

* »Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l’évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants, »* ont déclaré les FDS dans un communiqué.

L’agence officielle syrienne Sana a confirmé que * »les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud en direction du nord-est de la Syrie. »*

Ces combats, qui ont fait une vingtaine de morts, illustrent les difficultés persistantes à mettre en œuvre l’accord conclu en mars dernier entre le gouvernement syrien et les autorités kurdes. Cet accord prévoit l’intégration des institutions de l’administration autonome kurde et de son bras armé au sein du nouvel État syrien.

### Une crise humanitaire massive à Alep

Les affrontements ont provoqué un important déplacement de population. Selon le gouverneur de la ville, environ 155.000 personnes ont fui depuis mardi les quartiers à majorité kurde pour se réfugier ailleurs à Alep ou dans le reste de la province.

Alors que l’armée syrienne affirmait avoir repris le contrôle total de Cheikh Maqsoud, les forces kurdes avaient, quelques heures plus tôt, dénoncé des * »allégations sans fondement, »* soulignant la confusion et la fragilité de la situation sur le terrain.

### Frappes ‘à grande échelle’ contre l’État islamique

Parallèlement à ces événements, les États-Unis ont annoncé avoir mené des frappes * »à grande échelle »* contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie. L’opération, menée en collaboration avec des forces partenaires, visait plusieurs cibles de l’EI à travers le pays, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient.

La Jordanie a confirmé dimanche sa participation à ces frappes, affirmant vouloir * »neutraliser les capacités des groupes terroristes et les empêcher de se réorganiser »* afin de préserver la sécurité régionale.

### Une riposte après l’attaque meurtrière de décembre

Ces opérations militaires font suite à une attaque imputée par Washington à l’État islamique, qui a coûté la vie à deux militaires américains et un interprète le 13 décembre dans la région désertique de Palmyre. Fin décembre déjà, des frappes américaines, menées avec le soutien jordanien, avaient visé des bastions du groupe djihadiste, faisant au moins cinq morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Début janvier, le Royaume-Uni et la France avaient également mené des frappes conjointes pour empêcher, selon Paris, * »la résurgence de Daech. »*

### Une présence américaine remise en question

Avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, connu pour son scepticisme à l’égard des opérations extérieures, le Pentagone a annoncé en avril une réduction de moitié du nombre de soldats américains déployés en Syrie, dont l’effectif exact n’est pas officiellement communiqué.

Entre tensions kurdes persistantes et menace djihadiste toujours active, la Syrie reste un théâtre de conflit aux multiples fronts, loin d’un retour à la stabilité.