Alain Orsoni, figure du nationalisme corse, ne sera plus.
Les faits se sont produits autour de 16h30, il est décédé sur place, d’une balle unique, « un tir à longue distance », a indiqué à l’AFP le procureur d’Ajaccio Nicolas Septe. Une enquête a été ouverte pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, participation à une organisation criminelle et confiée à la police judiciaire d’Ajaccio avec la brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée corse dépendant de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO), à Nanterre.
Les événements se sont déroulés aux alentours de 16h30, et la victime est décédée sur place à la suite d’une seule balle, décrite par le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, comme étant « un tir à longue distance ». L’enquête a rapidement été transférée au tout nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), en co-saisine avec la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, selon les annonces du Pnaco et du procureur de Marseille, Nicolas Bessone.
Une enquête a été ouverte pour assassinat en bande organisée, association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, et participation à une organisation criminelle. Elle a été confiée à la police judiciaire d’Ajaccio ainsi qu’à la brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée corse rattachée à l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO) à Nanterre. Il s’agit de la première affaire traitée par le Pnaco depuis sa création début janvier. Un magistrat de la Jirs est déjà présent sur place, et un autre du Pnaco doit y arriver mardi, a précisé le procureur de Marseille.
La victime, touchée au cœur par une balle tirée sans doute à plusieurs centaines de mètres, se tenait devant la tombe de sa mère, d’après une source proche de l’enquête. Ce mode opératoire est particulièrement choquant en Corse, une région de forte tradition catholique et de respect envers les morts. Alain Orsoni, qui faisait des allers-retours entre la Corse et le Nicaragua depuis plusieurs années, était revenu sur l’île pour assister aux funérailles dans son village natal. Les drames familiaux et les vengeances sont ancrés dans l’histoire des Orsoni depuis plus de 40 ans. En 1983, Guy, son frère et militant nationaliste, avait été assassiné. Un an plus tard, son fils, né après ce drame, a été prénommé Guy et est aujourd’hui présenté par la police comme « une personnalité saillante du banditisme corse ».
Cet assassinat est sans doute l’un des plus marquants depuis celui de l’avocat Antoine Sollacaro en 2012, qui était également son avocat. Le tueur a été condamné en décembre à 30 ans de réclusion criminelle, en l’absence du commanditaire présumé, Jacques Santoni, suspecté d’être le chef du « Petit Bar ». Cette même bande criminelle avait été impliquée dans un projet d’assassinat contre Alain Orsoni en 2008, et une rivalité intense existe depuis plusieurs années entre le clan Orsoni et le clan du « Petit Bar ».
Mi-mai, Guy Orsoni, actuellement âgé de 41 ans et incarcéré, a été condamné à 13 ans de prison à Marseille pour avoir tenté d’assassiner en 2018 Pascal Porri, une figure présumée du « Petit Bar ». Ce même Pascal Porri est mis en examen dans une enquête concernant la tentative d’assassinat de Guy Orsoni en septembre 2018. Après avoir poursuivi des études à Paris, Alain Orsoni est devenu l’un des chefs du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), qualifié par ses adversaires de « Mouvement pour les affaires ».
Alain Orsoni était reconnu pour sa finesse politique et son sang-froid. Condamné et brièvement emprisonné dans plusieurs affaires, il avait quitté la Corse en 1996 en pleine guerre fratricide au sein du mouvement nationaliste. Il a vécu pendant 13 années en Floride, puis au Nicaragua, où il avait des activités dans le secteur des jeux, avant de s’installer en Espagne. Peu après son retour en Corse en 2008, il a été la cible d’un projet d’assassinat qui a finalement été déjoué par les autorités. À cette époque, il a succédé à la présidence de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) à son ami Michel Moretti, un ancien nationaliste récemment décédé.
Orsoni a exercé la présidence à deux reprises, de 2008 à 2015, puis en 2022 pour une seule saison, alors que le club était de retour en Ligue 1. Cependant, il a été relégué dès la saison suivante en raison de graves difficultés financières, avant d’être exclu mi-août de toutes compétitions nationales pour la saison 2025/2026.

