Alain Maron: « On va sans doute devoir faire évoluer globalement la stratégie de vaccination »

Après quelques couacs, le plus grand centre de vaccination du pays a pu rouvrir ce jeudi et est désormais opérationnel. Le centre du Heysel devrait pouvoir vacciner environ 3000 personnes quotidiennement. Pourtant, on est encore loin du compte : environ 1000 personnes auraient été vaccinées ces trois derniers jours à Bruxelles. Un chiffre très éloigné de ce qui était attendu.

Pour Alain Maron, la conférence interministérielle de ce mercredi sera l’occasion de faire le point sur plusieurs éléments. “Je ne suis pas sûr que l’on décidera de quoi que ce soit ce mercredi matin. On va déjà essayer d’acter les différents problèmes et la stratégie pour les résoudre », prévient le ministre bruxellois de la Santé, contacté par La Libre. Parmi les différents thèmes abordés, deux semblent particulièrement importants : le taux de réactivité sur le vaccin AstraZeneca et l’évolution de la stratégie de vaccination.

Pas assez de réponses

Comme l’a expliqué la responsable de la Task Force vaccination, le planning de vaccination évolue chaque semaine. C’est en fonction du nombre de doses reçues que les convocations peuvent être envoyées. Mais un problème semble se poser : “Visiblement, dans l’ensemble des régions du pays, y compris Bruxelles, la réactivité pour le vaccin AstraZeneca est assez faible », explique Alain Maron. En d’autres termes, de nombreux citoyens seraient frileux à l’idée de se faire injecter cette substance en particulier. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi près de 8.000 Bruxellois n’ont pas répondu à leur convocation.

Ce phénomène pourrait bien poser problème et causer des retards. Car si le système mis en place a fonctionné dans les maisons de repos et que les délais prévus ont été tenus, cela pourrait bien changer. « Ici on voit bien que tout devient plus compliqué car on n’est plus en train de vacciner dans une collectivité. On invite les gens à venir se faire vacciner, mais les gens viennent quand ils veulent, même dans deux mois s’ils le souhaitent. Donc on est sur tout à fait un autre régime et une autre manière de faire », résume Alain Maron.

Les problèmes du vaccin AstraZeneca

Selon lui, différentes hypothèses sont sur la table pour remédier à ce problème. L’une d’entre elles serait de convoquer plus de personnes en une fois. “On va discuter de tout ça parce qu’effectivement, on veut booster la vaccination des moins de 55 ans avec AstraZeneca », assure le ministre bruxellois de la Santé. Quitte à remettre en question le fait de n’utiliser ce vaccin que pour les personnes de moins de 55 ans « dans la mesure où il y a différentes études scientifiques qui tendent à montrer que ce vaccin est efficace pour les plus âgés », ajoute-t-il.

« Dans le milieu médical, il y a aussi la question du vaccin AstraZeneca qui circule« , ajoute-t-il. En effet, depuis plusieurs semaines, l’efficacité du vaccin AstraZeneca a souvent été remise en cause. « Refuser ce vaccin sous prétexte qu’il n’est efficace ‘qu’à’ 60% est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir », avait déclaré l’infectiologue Corinne Vandermeulen.

En ce qui concerne les retards de livraison annoncés par la firme pharmaceutique AstraZeneca, Alain Maron ne se montre pas inquiet : « Ce n’est pas la première fois qu’il y a des variations dans les fournitures ». Il assure ne pas avoir été informé d’un éventuel manque de doses à venir.