Ahmed Laaouej tacle Elke Van den Brandt et le plan Good Move: « On ne peut pas enfermer les gens dans les quartiers comme ça »

Le socialiste était présent sur le plateau de la matinale de LN24 et LN Radio afin d’aborder plusieurs sujets, qui concernent le fédéral, le régional ou encore local.

Crise énergétique, réforme fiscale et mésentente politique

Ahmed Laaouej estime que le gouvernement fédéral n’en fait pas assez pour aider les plus démunis en matière d’énergie. « On n’en fera jamais assez quand il s’agit de soulager le porte-feuille des ménages et de renforcer le pouvoir d’achat. (…) On ne peut pas dire que le gouvernement n’ait rien fait. Ils ont baissé la TVA, ils ont instauré un chèque énergie de 200 euros, un chèque mazout de 300 euros, le tarif social élargi et toute une série d’autres mesures« , énumère-t-il.

Comme la DH le révélait ce jeudi matin, les aides du gouvernement, à l’instar du chèque énergie, arriveront avec du retard. « Il faut faire en sorte que les procédures soient accélérées. On ne pourrait pas comprendre que les gens ne reçoivent pas le plus rapidement possible ce à quoi ils ont droit« .

Ahmed Laaouej a ensuite évoqué les négociations entre le gouvernement et Engie, que mène la ministre de l’énergie Tinne Van der Straeten à propos de la sécurité d’approvisionnement en matière d’énergie. « On lui demande des résultats. Cela s’impose. En même temps, je trouve que toute la pression mise par toute une série d’intervenants ne va pas aider au processus. Notre président de parti (ndlr: Paul Magnette) a relevé qu’il y avait, du côté d’Engie, des réticences à entrer dans une vraie négociation avec un certain nombres de choses mises sur la table qui nous semblent hors-sujet« , commente le socialiste.

Ahmed Laaouej a également évoqué les critiques du PTB envers le PS. Le parti reprochait aux socialistes d’être inactif au niveau de l’énergie et l’aide aux plus démunis. « Est-ce qu’on a vraiment des leçons à recevoir du PTB? Je le dis tous les jeudis au Parlement en séance plénière. C’est le parti du bla-bla. Du balcon, c’est toujours facile de faire des leçons. (…) Nous nous battons pour avoir des résultats que nous obtenons d’ailleurs. Nous mettons en place une taxe pour taxer les surprofits de tous les profiteurs de crise. Il y a aussi une taxe sur les banques pour refinancer l’état, afin d’être du côté de nos concitoyens« , confie Ahmed Laaouej.

Ahmed Laaouej a évoqué les chances de voir une réforme fiscale au cours de cette législature. « Nous l’avons demandé au ministre des finances. Il a tardé à allumer le moteur mais il a désormais envie d’avancer. Il ne s’agit pas que d’une réforme fiscale. Elle doit être juste. Il faut une neutralité budgétaire. Réduire l’impôt sur les revenus du travail, c’est une chose qui est importante pour nous. Mais il faut refinancer en taxant les spéculateurs, les profiteurs de crises. Il y a certains secteurs qui ont engrangé des bénéfices vertigineux durant la crise. Il y a certainement moyen d’aller chercher des moyens complémentaires chez eux pour financer l’état. Si on définance encore l’état, il y aura une pression sur la sécurité sociale et sur la protection sociale et les services publics. Ce n’est pas ce que nous souhaitons et ce dont nous avons besoin« , avance Ahmed Laaouej.

Good Move et mécontentement

Ce dernier a également évoqué le plan Good Move. « Nous n’avons pas de processus en cours à Koekelberg. Quand il y a des problèmes à régler en matière de circulation et de mobilité, nous essayons de le faire. Je pense qu’il faut respecter les gens qui vivent dans les quartiers. Il faut de la vraie concertation. Il faut un vrai processus participatif. Il n’y a rien eu et les révoltes populaires montrent bien l’échec de la ministre Van den Brandt. Elle doit désormais faire preuve d’humilité. Au niveau communal, nous sommes les mieux placés pour voir les difficultés et aborder les choses sans idéologie. On ne peut pas, du jour au lendemain, enfermer les gens dans les quartiers, leur dire qu’ils doivent radicalement changer leur mode de déplacement sans offrir des alternatives. Il faut un vrai respect« , lance Ahmed Laaouej.

Ce dernier n’a pas souhaité faire de commentaires sur les dires de plusieurs bourgmestres qui avancent que la ministre bruxelloise de la mobilité, Elke Van den Brant promettait des communes à ceux qui mettaient en place le plan Good Move. « Un certain nombre de collègues échevins ou bourgmestres ont effectivement évoqué qu’elle mettait des moyens financiers sur la table contre des réformes. Je ne veux pas ici porter d’accusation sans fondement. Le plus important est de concerter le tissu social, commercial, les locaux pour obtenir un consensus« , conclut-il.

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