Affaire Valentin Vermeesch: des contradictions dans les discours des accusés

Belgique

Les supplices infligés pendant la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Valentin Vermeesch, 18 ans, et son assassinat à Huy ont fait l’objet de deux jours de reconstitution, en juin de la même année, soit quelques mois après l’interpellation des cinq suspects, ont exposé lundi devant la cour d’assises de Liège les enquêteurs. 

A cette occasion, les accusés, cinq Hutois, ont précisé leur version des faits et se sont, une fois n’est pas coutume, contredits. Une reconstitution des conditions visuelles et auditives a également été opérée sur le lieu des faits, en septembre. Les mêmes conditions climatiques et de luminosité ont été réunies, soit une absence totale de lumière émise par la Lune, une absence de brouillard et de précipitations ainsi qu’un ciel légèrement nuageux. Le but était notamment de vérifier si Killian Wilmet, Loick Masson et Dorian Daniels avaient pu voir ou entendre ce qu’Alexandre Hart et Belinda Donnay faisaient lorsqu’ils étaient au bord de l’eau et que Valentin a été jeté dans la Meuse.

Selon les enquêteurs, les protagonistes qui sont restés sur le Ravel pendant que Valentin était mis à l’eau n’ont rien pu entendre. « Nous étions huit et aucun n’a rien entendu. » La reconstitution a été faite avec un plongeur qui a sauté et non été poussé. « L’impact (dans l’eau, NDLR) peut être différent mais selon le plongeur, cela n’a pas d’influence », a expliqué le commissaire en charge de l’enquête.

L’un des accusés, Dorian Daniels, affirme toutefois avoir entendu un « plouf », une version qu’il a maintenue lundi devant la cour. Les autres n’ont cependant rien entendu.

Les conditions visuelles ont également été testées mais cela n’a pas été probant. Si les personnes qui se trouvaient près de l’eau étaient visibles, certains des enquêteurs ont pu apercevoir des gestes posés, comme le fait de pousser dans le dos, tandis que d’autres ne percevaient pas cela.

Les enquêteurs ont ensuite exposé les reconstitutions des faits réalisées pendant deux jours, l’un pour les scènes à l’intérieur du studio de Belinda Donnay, l’autre pour les scènes en extérieur. Certains accusés ne souhaitaient pas se retrouver en présence des autres: chacun a dès lors dû exposer sa version sans être confronté aux autres. Chaque protagoniste a globalement maintenu sa version, si ce ne sont quelques détails qui ont varié. Loick Masson s’est lui emporté dans des affirmations abracadabrantes et s’est perdu dans ses explications, souligne l’enquêtrice qui a assisté à la reconstitution. « Il ajoute des éléments sortis de son imagination ou peu probables au vu des éléments du contexte, du dossier ou en contradiction avec ce que disent les autres. »

La reconstitution opérée par Dorian Daniels a, elle, été ardue au vu de son émotion et de son refus de réitérer les actes qu’il avait posé lors de cette nuit fatale. Alexandre Hart avait, quant à lui, des difficultés à retracer l’ordre chronologique des faits commis.