Belgique

Affaire Epstein-Mandelson : Keir Starmer, Premier ministre, en pression

Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024, a nommé en 2024 Peter Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis en connaissance de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019. Deux membres de l’entourage de Keir Starmer, le directeur de cabinet Morgan McSweeney et le directeur de la communication Tim Allan, ont démissionné moins de 24 heures après la première démission.


Le dirigeant travailliste Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024 et déjà impopulaire, traverse une crise de confiance et d’autorité sans précédent. Il a en effet nommé en 2024 Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis alors qu’il était conscient de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.

Peter Mandelson a été démis de ses fonctions en septembre 2025 après la divulgation de documents révélant l’ampleur de ses relations avec le pédocriminel américain. Selon ces documents, Mandelson aurait transmis à Epstein des informations potentiellement influentes sur les marchés, surtout durant son mandat de ministre entre 2008 et 2010. La police a ouvert une enquête et a perquisitionné vendredi à deux adresses associées à Mandelson.

Les appels à la démission se multiplient, provenant majoritairement de l’opposition conservatrice mais également de quelques députés travaillistes. Kemi Badenoch, cheffe de l’opposition conservatrice, a déclaré lors d’une interview sur BBC Radio 4 que l’excuse « J’ai été mal conseillé » ne pouvait être une justification valable pour un dirigeant. Elle a ajouté que la position de Keir Starmer était devenue « intenable » et a insisté sur sa responsabilité dans une « mauvaise décision ».

En Écosse, Anas Sarwar, chef du parti travailliste écossais, a également appelé Keir Starmer à démissionner, aggravant ainsi la situation du Premier ministre britannique. Il a affirmé qu’il fallait « mettre fin à ce sujet de distraction » et que la direction de Downing Street devait changer, surtout à trois mois des élections locales où le Labour est en position défavorable.

Moins de 24 heures après la démission de Morgan McSweeney, directeur de cabinet de Keir Starmer, le directeur de la communication, Tim Allan, a annoncé son départ. Dans un communiqué succinct, il a expliqué qu’il avait décidé de se retirer pour permettre la formation d’une nouvelle équipe à Downing Street et a souhaité plein succès au Premier ministre et à son équipe.

La semaine dernière, Keir Starmer a d’abord exprimé des regrets pour la nomination de Peter Mandelson, avant de s’excuser auprès des victimes d’Epstein, déclarant qu’il était « désolé d’avoir cru aux mensonges de Peter Mandelson et de l’avoir nommé ».

Cependant, selon son porte-parole, Keir Starmer refuse de démissionner à ce jour et reste « concentré sur son travail ». Ce dernier se montre « optimiste, confiant » et doit prendre la parole en fin de journée devant son groupe parlementaire.

Certaines figures de son parti continuent de défendre Keir Starmer. Patrick Diamond, ancien conseiller politique et maintenant professeur de sciences politiques, a estimé que sa position n’est pas « irrémédiablement compromise » en raison d’une large assise parlementaire. Il a rappelé que le Labour a « tendance à faire preuve de loyauté envers ses dirigeants ».

Jacqui Smith, secrétaire d’État en charge de l’Égalité, a affirmé sur Sky News que le Premier ministre assume ses responsabilités concernant Mandelson et a précisé que ce dernier est responsable des « mensonges constants et des relations avec Epstein qui ont terni le parti, le gouvernement et le pays ».

Pat McFadden, ministre du Travail, a également exprimé son soutien à Keir Starmer, tandis qu’Emily Thornberry, députée, a déclaré qu’il est « un bon leader », tout en demandant une direction claire à l’avenir.

Les prochaines législatives au Royaume-Uni ne sont pas programmées avant l’été 2029.