Abri de nuit à Bastogne : 360 nuitées en deux mois, fermeture imminente ?
En 2023, un grand recensement a été réalisé sur le sans-abrisme en Wallonie, et à Bastogne, ils sont une vingtaine. L’abri de nuit ouvert a accueilli une trentaine de personnes pour plus de 360 nuitées, avec un taux d’occupation de 60%.
En 2023, un grand recensement sur le sans-abrisme a été réalisé en Wallonie. À Bastogne, une vingtaine de sans-abris ont été comptabilisés. « Mais nous nous sommes rendus compte que toutes les communes sont concernées », déclare Sandrine Conradt, coordinatrice générale du relais social en province de Luxembourg. Dans les zones rurales, la précarité est parfois moins visible, et les sans-abris se dissimulent dans les bois, sous des tentes ou dans des champs, à l’abri de hangars destinés aux animaux.
Pour offrir des conditions dignes à ces individus, le tissu associatif s’est mobilisé pour ouvrir un nouvel abri de nuit. Celui-ci dispose de douze places pour les hommes et deux pour les femmes. Deux mois plus tard, un premier bilan est dressé : une trentaine de personnes ont été prises en charge, pour plus de 360 nuitées et un taux d’occupation de 60 %.
« Tout notre personnel est déjà sous préavis. Si cela ne se débloque pas rapidement, il est probable que nous devions arrêter le projet », prévient Joël Kinif, directeur de l’asbl le 210, qui gère l’abri de nuit.
Mais selon lui, l’abri ne se limite pas à un simple hébergement de nuit. « Nous n’offrons pas qu’une nuit. Il y a la sécurité de savoir où loger. Il y a cet aspect fondamental de pouvoir se projeter dans le futur sans devoir passer sa journée à savoir où dormir. Avec le relais social, le CPAS, l’abri de jour et les autres partenaires, nous parvenons à recréer du lien. À terme, nous pouvons espérer sortir ces personnes du sans-abrisme », souligne-t-il.
Sandrine Conradt renchérit : « À terme, l’ambition est de pouvoir offrir à ces personnes la possibilité de retrouver une stabilité. Il y a un soutien global qui est mis en place. La collaboration de l’ensemble des services permet un soutien complet. »
Cependant, l’expérience pourrait se terminer prématurément. Pour fonctionner correctement, l’abri de nuit compte sur une revalorisation des subsides promis par la Région wallonne. Le financement devrait passer de 2 500 euros par lit et par an à 8 000 euros. Pour l’instant, les arrêtés d’exécution sont en attente. « Et cela est problématique. Tout notre personnel est déjà sous préavis. Nous n’avons aucune garantie pour la suite. Si cela ne se débloque pas rapidement, il est probable que nous devions arrêter le projet », explique Joël Kinif. Dans ce cas, près de 80 000 euros manqueraient pour boucler le budget de l’année prochaine.
Contacté, le cabinet du ministre des Solidarités, Yves Coppieters, confirme sa volonté de mieux soutenir financièrement ces structures. Le dossier, selon ses dires, doit repasser devant le gouvernement, mais aucun délai n’est précisé à ce stade.

