À quoi ressemble un blocus dans une abbaye ? « Ici, je peux vraiment être dans ma bulle d’études »

La majorité des étudiants en blocus révisent soit chez eux, soit en bibliothèque. Mais certains optent pour des façons de faire un peu différentes. Au-delà des jeunes qui choisissent de se filmer en train d’étudier il y en a d’autres qui préfèrent s’isoler dans des endroits réputés pour leur calme : des monastères ou des abbayes.

Lucille, étudiante à l’UNamur en première année de médecine, a choisi l’abbaye de Soleilmont, près de Fleurus, pour étudier en toute tranquillité pendant quelques jours. « Je suis l’aînée d’une famille de quatre frères et soeurs. Alors, parfois, il y a vraiment beaucoup d’animation à la maison », sourit-elle. Le décalage entre ses cadets qui sont en vacances et elle qui doit étudier peut parfois être compliqué à gérer. Alors, sa maman lui a conseillé de se rendre dans une abbaye pour être au calme. « Elle venait déjà dans cette abbaye pour étudier lorsqu’elle était plus jeune, c’est ce qui m’a incitée à venir, dans celle-ci tout du moins. »

Des règles et un cadre

Durant son séjour dans le lieu de culte, la jeune femme doit évidemment respecter certaines règles, notamment les horaires fixes pour les repas. « A 12h30, le repas de midi est servi. Celui du soir a lieu à 18h15, après les prières des sœurs. » Les sœurs aiment d’ailleurs que les jeunes qui viennent étudier dans ce lieu participent à une des 7 prières de la journée. Mais cela ne dérange pas du tout Lucille. « Je suis moi-même croyante donc j’y vais avec plaisir. » Pour autant, il ne faut pas forcément être croyant pour étudier dans une abbaye. « C’est peut-être plus facile d’assister à une messe lorsqu’on est croyant mais, en soi, tout le monde peut venir. »

Ce qui intéresse tout particulièrement les étudiants est, on l’a dit, le calme qui règne dans ce genre d’endroit. « Ici, je peux vraiment être dans ma bulle d’étude. Lorsque je me fixe une liste de choses à étudier, j’arrive plus facilement à mener cette liste à bien quand je suis à l’abbaye plutôt que quand je suis à la maison. » Léa, une étudiante en langues a elle aussi passé quelques jours de blocus dans un monastère lors de sa première année d’études, celui de Notre-Dame d’Hurtebise (Saint-Hubert). « C’était il y a deux ans, j’y suis allée deux jours en tout, mais c’était super chouette », se souvient-elle. « Quand je travaille, je suis assez vite distraite. J’aime beaucoup rentrer à la maison pour étudier car mes parents sont aux petits soins mais parfois il y a vraiment beaucoup de gens qui passent nous rendre visite et l’ambiance n’est pas très studieuse. Au monastère, j’ai vraiment pu mieux me concentrer », explique-t-elle.

Généralement, il n’y a pas de télé dans ces endroits, ce qui permet aux jeunes de ne pas se laisser déconcentrer. « J’ai mon téléphone et mon ordinateur », précise Lucille. « Mais il n’y a pas d’autres distractions. »

Quelques jours uniquement

Les jeunes qui y ont goûté n’hésitent généralement pas à revenir. « Moi, c’est la deuxième fois que je viens », note Lucille. « La première fois, c’était pour préparer l’examen d’entrée en médecine. En juin, je pourrai éventuellement revenir, cela dépendra si j’ai assez de calme chez moi. » Léa elle aussi souhaitait renouveler cette expérience mais, malheureusement, le Covid a compliqué ses plans. Toutefois, elle n’exclut pas de retenter l’expérience, mais uniquement quelques jours. « Y passer tout un blocus peut vite revenir cher. Au final, le prix est raisonnable quand on sait qu’on a le logement et la nourriture mais cela représente un coût en plus pour mes parents. Et je ne veux pas leur faire payer alors que je peux trouver d’autres alternatives moins chères. En plus, ça ne garantissait en rien la réussite de ma session. » Lucille, elle non plus, n’envisage pas de passer un blocus complet dans une abbaye. « Je me sens vraiment bien, mais plus de quatre jours, cela commencerait à faire long. Ici, on parle très peu, ce qui est top pour étudier, mais à un moment, on a aussi besoin de retrouver plus de contacts sociaux. »