A Mons, des avis de recherche pour retrouver la ministre Glatigny

Charlie, Glatigny, même combat? À Mons manifestement, certains se demandent où est la ministre de l’Enseignement supérieur. Des avis de recherche ont été placardés dans la ville. Il s’agit en fait d’une campagne de la FEF pour réclamer des moyens supplémentaires afin de refinancer l’enseignement supérieur et de lutter contre la précarité estudiantine.

La campagne est organisée à l’échelle de toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, mais se décline aussi localement. Le comité hainuyer a ainsi tenu sa première réunion mercredi, avec une cinquantaine d’étudiants. « Il y a aura une grande manifestation le 17 novembre, mais d’ici là, nous organiserons des actions locales », indique Emila Hoxhaj, responsable du comité. « Les étudiants de la fac d’archi pourraient par exemple faire un montage pour dénoncer le coût des études. On pense aussi à une action de sensibilisation autour des bus qui étaient gratuits avant à Mons. »

En effet, la gratuité des transports en commun fait partie des revendications de la campagne de la FEF. Tout comme celle du matériel de cours. La fédération demande également une augmentation des aides sociales, un minerval fixé à 175 euros pour tous ou encore davantage de logements publics.

Fin septembre, Valérie Glatigny a réagi par communiqué à cette campagne. La ministre a rappelé que des mesures conjoncturelles et structurelles avaient déjà été prises avec notamment une enveloppe de 15 millions d’euros pour les aides d’urgence. Un montant de 50 millions d’euros est par ailleurs prévu en 2022 pour refinancer l’enseignement supérieur de manière structurelle. Et la ministre entend porter ce montant à 80 millions d’euros d’ici la fin de la mandature.

Mais pas de quoi apaiser la FEF. « On sait déjà que les montants sont insuffisants. Les recteurs demandaient 150 millions d’euros, on sera à 80 millions d’ici la fin de la législature. Ce n’est pas assez pour pallier le sous-financement de ces dernières années », commente Lucas van Molle, président de la FEF. « Par ailleurs, nous n’avons pas encore toutes les subtilités de l’accord et nous ne savons pas comment ces moyens vont être ciblés. Enfin, avec les aides mises en place durant la crise, on reste dans le palliatif. Or, nous demandons des mesures structurelles pour s’attaquer au cœur du problème, à savoir le coût des études. »

La FEF espère ainsi que la ministre tiendra sa promesse de geler les minervals pour tous les cours en 2022. Mais pour ce qui est de réduire la réduction des droits d’inscriptions à 175 euros, c’est niet. Valérie Glatigny ne souhaite pas s’approprier une résolution déposée par le PTB et rejetée par les autres partis au sein du parlement. Un peu fort de café pour le président de la FEF. « C’est une manœuvre de communication politique. La revendication vient de 80% des étudiants. Et ça fait des années qu’on la porte. On n’a pas attendu qu’un parti dépose une résolution. D’autant plus que la Belgique a ratifié en 1983 le Pacte de New York qui recommande la gratuité de l’enseignement supérieur. Il va donc falloir arrêter avec les réponses toutes faites et entendre les revendications des étudiants. »