À l’atelier « Pékin Express” de la prison de Marche, des détenus fabriquent 300 masques par jour

Dehors, il fait un brin frisquet. Le parking de la prison de Marche-en-Famenne compte de nombreuses places vides. Sur le chemin qui mène à l’établissement pénitentiaire de 312 places (250 condamnés, 50 prévenus et 12 femmes), un hôtel à insectes semble désaffecté, tournant au ralenti. Comme la prison, placée en confinement pour cause de coronavirus le 14 mars dernier : depuis plus de deux mois, les détenus n’ont plus aucune visite (excepté leurs avocats), ni aucun contact avec l’extérieur.

A l’intérieur, le briefing a démarré à 9h tapantes dans le bureau du directeur, Frédéric De Thier. Une chaise vide entre chaque personne ; un masque et un café à portée de main. Des GSM sonnent sans arrêt autour de la table. L’assistant pénitentiaire, Philippe Lejeune, fait la synthèse pour ses collègues : “On a repris les activités à dater de samedi. Bon feed-back : personne ne se plaint”. Pas de faits marquants : deux entrants (testés négatifs au Covid-19) ; une mise en cellule d’isolement à la demande ; prise d’un téléphone et d’un PC avec accès à internet… Bref, “un petit week-end bien tranquille”, commente le directeur, qui était sur place les deux jours.

Même si le coronavirus s’est désormais glissé dans la routine pénitentiaire. Il faut s’assurer chaque jour qu’il y a des masques pour tous les membres du personnel. “Les calculs ne sont pas évidents. J’étais bon aujourd’hui pour la pause de 6-14 (le service du matin, NdlR) et un peu juste pour les 2-10. Mais ça devrait aller”, évalue Philippe Lejeune. Il rigole : “On était déjà un peu fous avant mais le Covid nous rend dingues”.