80.000 à 100.000 personnes attendues à Bruxelles le 12 mars
Des milliers de personnes, vêtues majoritairement de rouge et de vert, ont participé à une manifestation à Bruxelles, brandissant des slogans tels que « On ne veut ni du Bouchez, ni du Jambon » et « La boucherie sociale, ça suffit ! ». La Secrétaire générale de la FGTB, Selena Carbonero Fernandez, a déclaré lors de l’émission Matin Première que les messages principaux étaient « stop au malus pension » et « le maintien de l’indexation ».
Sous un ciel ensoleillé, des milliers de personnes, principalement vêtues de rouge et de vert, se dirigent vers le podium avec une playlist festive diffusée tout au long du parcours, entrecoupée de quelques pétards. « On ne veut ni du Bouchez, ni du Jambon », « La boucherie sociale, ça suffit ! » et d’autres slogans figurent sur les banderoles qui traverseront la capitale pour atteindre la gare du Midi en début d’après-midi.
Invitée sur Matin Première ce jeudi, la Secrétaire générale de la FGTB, Selena Carbonero Fernandez, a précisé : « Nos messages principaux aujourd’hui, premièrement c’est ‘stop au malus pension’, parce que c’est une punition qui va frapper les personnes qui ne seront pas capables de travailler jusqu’à l’âge de 67 ans. Deuxièmement, c’est le maintien de l’indexation, parce que c’est une des meilleures protections du pouvoir d’achat. Et la troisième chose, c’est qu’il faut oser sortir du tabou des nouvelles recettes, qu’il faut aller chercher les recettes sur les épaules les plus larges. »
« L’indexation des salaires n’est pas un détail, c’est la vraie vie », a scandé jeudi matin devant des dizaines de milliers de manifestants le président de la FGTB, Bert Engelaar. « Les prix montent sans cesse, le salaire ne suit pas tout seul. Toucher à l’indexation c’est toucher à la dignité », a-t-il rappelé avant le départ de la manifestation nationale qui a lieu à Bruxelles.
L’homme fort du syndicat socialiste, en place depuis le départ de Thierry Bodson, présent parmi les manifestants, a vivement critiqué le gouvernement « qui s’en prend toujours à ceux qui tiennent ce pays debout : les travailleurs ». Parmi les mesures « inacceptables » de l’exécutif, M. Engelaar a également dénoncé la réforme des pensions. « Une pension juste n’est pas un cadeau, c’est un droit », a-t-il affirmé. « Une société digne protège les pensions et respecte ses anciens ».
À Bruxelles, une centaine de manifestantes, pour la plupart issues du secteur de la santé, se sont réunies jeudi matin à l’appel du collectif Bloc obstétrique devant le CHU Saint-Pierre pour dénoncer les conséquences, selon elles, des mesures du gouvernement Arizona sur l’accès et la qualité des soins, avant de rejoindre la manifestation nationale. Les soignantes et les soignants soulignent un désinvestissement des services publics et des soins de santé. Ils estiment que les coupes annoncées compromettent l’accessibilité aux soins, en particulier pour les femmes et les personnes sans titre de séjour, tout en mettant en péril la qualité des services, avec des suppressions de lits et de postes.
La FEB et Unizo ont exprimé jeudi leur incompréhension face à la manifestation nationale contre les réformes du gouvernement fédéral. Les deux organisations patronales ont souligné le contexte géopolitique tendu qui pèse sur les entreprises, en raison notamment de la guerre au Moyen-Orient. « Dans ce contexte, manifester est incompréhensible et prôner le statu quo est totalement irresponsable », a déclaré Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. « Alors même que les entreprises doivent puiser à nouveau dans leurs réserves, en partie à cause des conséquences des tensions internationales, les syndicats provoquent une nouvelle baisse du chiffre d’affaires avec cette manifestation. C’est tout simplement absurde », a renchéri Bart Buysse, administrateur délégué d’Unizo.

