Belgique

2026-2027-2028 : l’enseignement francophone ne cesse d’avancer malgré des incertitudes

Un test baptisé CLE pour les élèves de 4ème année primaire sera mis en place dès la rentrée de 2026. À partir de juin 2027, un élève devra obtenir 60% pour réussir son CEB, avec des exigences précises dans chaque matière évaluée.


Des réformes significatives ont déjà été adoptées ou validées. Voici un aperçu de ces changements qui affecteront élèves et enseignants dans les mois et années à venir.

## Apprendre à « Calculer, lire et écrire »

Dès la rentrée de 2026, un test est prévu pour les élèves de 4ème année primaire. Ce test, nommé CLE (pour « calculer, lire et écrire »), est considéré par la ministre de l’Enseignement, Valérie Glatigny, comme un moyen efficace pour « avoir une photographie des connaissances des élèves ». L’objectif est de permettre aux enseignants d’évaluer les acquis des élèves et, en fonction des résultats, de proposer un accompagnement personnalisé. Il est important de préciser que ce test, qui se déroulera en début d’année, n’est pas un examen et ne constitue pas une épreuve certificative.

## Les enseignants du secondaire supérieur devront enseigner 2 heures de plus

Actuellement, les enseignants du secondaire supérieur dispensent 20 heures de cours. Le gouvernement a décidé de faire passer ce chiffre à 22 heures, à l’instar des enseignants du secondaire inférieur.

Cette décision a été prise lors du conclave budgétaire d’octobre dernier, bien qu’elle n’ait pas encore été votée. Le gouvernement prévoit son application à partir d’août 2026. Seuls les enseignants âgés de plus de 60 ans et ceux qui commencent leur première année d’enseignement ne seront pas concernés par cette mesure.

Les syndicats estiment qu’entre 1 000 et 1 500 enseignants, en grande majorité des jeunes professeurs, pourraient subir des pertes d’heures d’enseignement, d’emploi ou être contraints d’enseigner dans plusieurs établissements, ce qui suscite un mécontentement.

Selon Valérie Glatigny, il n’y a cependant pas lieu de s’inquiéter. D’après les chiffres de l’administration, chaque année, plus de 2 000 équivalents temps plein se libèrent dans le secondaire supérieur en raison des départs à la pension ou des DPPR.

## Obtenir 60 % pour réussir son CEB en juin 2027

Actuellement, pour réussir son Certificat d’Études de Base (CEB) à l’issue de la sixième primaire, un élève doit obtenir 50 %. À l’avenir, la ministre de l’Enseignement établit le seuil à 60 %.

Cette nouvelle exigence entrera en vigueur en juin 2027. À ce moment-là, pour réussir son CEB, un élève devra obtenir au moins 50 % dans chaque matière évaluée (français, mathématiques et éveil) et une moyenne générale de 60 %.

Des changements seront également mis en place à la fin de cette année scolaire. En cas d’échec au CEB, la décision finale reviendra au jury de l’école. Un élève pourra redoubler exceptionnellement, ou le jury pourrait décider de lui attribuer son CEB en tenant compte du travail réalisé durant l’année. De même, un élève n’ayant pas réussi son CEB pourra passer en première secondaire et, s’il réussit, obtenir son certificat.

Un changement majeur est que, dès la rentrée suivante, il n’y aura plus de première année différenciée pour les élèves qui ont échoué au CEB. Néanmoins, le gouvernement prévoit un accompagnement renforcé pour ces élèves qui intégreront le secondaire de manière classique.

## La grille horaire pour les nouveaux élèves de première secondaire est établie

Les directions des écoles secondaires attendaient cette information, qui est désormais connue. Il y aura bien trois heures de formation manuelle, technique, technologique et numérique, dont deux heures consacrées au numérique. Les élèves bénéficieront également d’une heure de mathématiques supplémentaire et de deux heures dédiées à l’éducation artistique et culturelle.

## De nombreuses incertitudes demeurent

Du côté des directions d’écoles, de nombreuses questions subsistent, notamment sur l’implémentation des options prévues par Valérie Glatigny en troisième secondaire. Ce changement interviendra à la rentrée 2028, mais la ministre ambitionne que les écoles proposent huit périodes d’options aux élèves, réparties en deux fois quatre heures. Ainsi, les élèves pourraient choisir des options en mathématiques et en langues, ainsi que quatre périodes en sciences et quatre en mécanique.

Dans ce dernier cas, les directions d’écoles qui offrent uniquement de l’enseignement général et de transition, sans ateliers adaptés, s’interrogent sur la manière de procéder. Marc Romainville, professeur à l’UNamur en pédagogie, souligne que « cela va créer beaucoup de flou et de difficultés organisationnelles. Des établissements qui ne dispensent que de l’enseignement de transition devront établir des partenariats avec des établissements voisins et organiser le transport de leurs élèves. Cela sera difficile à mettre en œuvre ».

## La fin des nominations n’est pas encore validée

L’une des mesures significatives et symboliques du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est la cessation des nominations dans l’enseignement prévue pour 2027. Elle sera remplacée par des CDIe, des contrats à durée indéterminée spécialement conçus pour les enseignants débutants, visant à les stabiliser plus rapidement et efficacement.

Cependant, cette mesure suscite des réserves parmi les syndicats et engendrera des coûts importants. Des experts avaient déjà conseillé, il y a quelques mois, au gouvernement de ne pas mettre en œuvre ce système, en raison de ses implications budgétaires.