175 ans des partis libéraux en Belgique : « Le premier des défis, c’est de préserver la démocratie libérale des populistes et des extrémistes », note Georges-Louis Bouchez (Mise à jour)

« Le premier des défis, c’est de préserver la démocratie libérale des populistes et des extrémistes », a expliqué lundi le président du MR, Georges-Louis Bouchez, à l’occasion du 175e anniversaire du parti libéral célébré à l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Le dirigeant des libéraux francophones a visé aussi bien l’extrémisme de gauche que l’extrémisme de droite. Il a regretté à cet égard une tendance dans le débat public à apprécier différemment l’un et l’autre, et à attribuer davantage de gravité au second, au nom de son racisme.

A ses yeux, il s’agit là d' »une profonde méconnaissance des droits fondamentaux » qui viendrait à placer l’égalité au-dessus des autres. « Pour nous, l’égalité est fondamentale, mais elle n’est pas au-dessus de la liberté d’expression, de la liberté religieuse ou de la liberté d’entreprendre. Toutes les libertés sont fondamentales », a-t-il souligné. « Lorsque l’extrême-droite remet en cause certaines libertés, nous la combattons avec autant de force que ceux qui remettent en cause la liberté d’expression ou de propriété ».

Egbert Lachaert (VLD) : « Pour le Vlaams Belang, par exemple, la liberté c’est pour le Flamand, homme blanc, mais pas pour les autres »

À entendre le président de l’Open Vld, Egbert Lachaert, si les combats sont les mêmes, les accents sont différents en Flandre et dans la partie francophone du pays. « Ce fut une période difficile pour nous: nous devions restreindre des libertés, mais nous ne pouvions pas faire autrement pour préserver la santé et la vie de tous », a-t-il expliqué en marge des discours officiels. « Nos adversaires essaient de nous avoir là-dessus et de capter cette philosophie de la liberté, mais ils n’ont pas compris que la liberté a deux faces, et qu’elle repose aussi sur le souci des autres. Ça, ils ne le voient pas », a-t-il déclaré.

Le président de l’Open Vld cite parmi ces adversaires le Vlaams Belang mais également la N-VA, partenaire de coalition au parlement flamand. « Je les vois au Vlaams Belang et à la N-VA. Pour le Vlaams Belang, par exemple, la liberté c’est pour le Flamand, homme blanc, mais pas pour les autres. Ce n’est pas notre idée », a-t-il souligné. Le dirigeant flamand a mis en avant le caractère social du libéralisme. « La liberté est importante, mais de quelle liberté jouit celui qui est malade et n’a rien, qui perd son emploi et ne peut s’appuyer sur rien? », a demandé M. Lachaert avant de rappeler que les premières caisses de chômage avaient vu le jour à l’initiative des libéraux.

Le dirigeant francophone a insisté de son côté sur sa foi dans le progrès technologique « abordé comme un danger par une partie considérable de la classe politique ». Les derniers exemples en sont d’après lui la 5G ou les vaccins.

Charles Michel pointe du doigt les « régimes autoritaires » qui voient le jour « souvent » dans d »‘anciens pays communistes »

Invité de la réception officielle organisée par le MR et l’Open Vld, le président du Conseil européen et ex-Premier ministre, Charles Michel, a lui aussi mis en garde le public contre les menaces qui pèsent sur l’État de droit. « Pendant longtemps, après la Guerre froide, nous avons eu l’impression qu’était consacrée la victoire des sociétés libérales. Ces dernières années, les valeurs de l’État de droit et de la société démocratique sont de plus en plus menacées », a-t-il averti en pointant du doigt les « régimes autoritaires » qui voient le jour « souvent » dans d' »anciens pays communistes ».

Le parti libéral belge est le plus vieux parti d’Europe. Ses fondations ont été posées le 14 juin 1846 en l’Hôtel de Ville de la capitale. Après 175 ans d’histoire, ses valeurs sont plus actuelles que jamais, ont clamé M. Lachaert et Bouchez. Ils entendent en convaincre la jeunesse du pays « qui pense que le libéralisme est la source de tous les maux alors que c’est l’inverse ». En fin de journée, ils débattront d’ailleurs avec 150 jeunes de 18 à 35 ans sur les défis du libéralisme.