Belgique

1500 milliards de Trump pour une « Armée de Rêve » : effort record, pas inédit

En 2027, Donald Trump a annoncé un budget de 1500 milliards de dollars pour la défense américaine, ce qui représente une augmentation de 50% par rapport à 2026. Ce montant, selon lui, permettra de bâtir « l’Armée de Rêve » et de conforter la position des États-Unis dans le classement des pays dépensant le plus en matière de défense.


1500 milliards de dollars, c’est un montant qui dépasse légèrement le PIB de la Turquie ou des Pays-Bas. Cela représente plus du double du PIB de la Belgique. Comme l’a annoncé Donald Trump, ce serait le budget consacré à la défense américaine en 2027, soit une augmentation de 50% par rapport à 2026. « Cela nous permettra de bâtir ‘l’Armée de Rêve’ à laquelle nous avons droit depuis longtemps et, surtout, qui assurera notre SECURITE, quel que soit l’ennemi« , écrivait-il sur Truth Social le 7 janvier dernier.

En euros, cette somme équivaut à 1287 milliards. À ce niveau, faut-il encore faire la conversion ? Un tel montant permettrait à Donald Trump de renforcer considérablement la position des États-Unis en tant que premier pays mondial dans les dépenses de défense. En effet, les Américains dépensent plus que les neuf pays suivants réunis. Le graphique ci-dessous, inspiré de la visualisation de la Fondation Peter G. Peterson, illustre clairement cette situation.

Donald Trump a également déclaré : « D’une part, cette politique tarifaire risque de ne pas être si efficace » et pourrait même nuire à la consommation américaine, avec des répercussions sur l’économie. De plus, « ce n’est pas une botte secrète, ce n’est pas quelque chose d’inépuisable« , alors que Trump promet d’allouer ces fonds à d’autres projets, comme la réduction de la dette fédérale.

Par ailleurs, il lui faudra l’approbation du Congrès, ce qui n’est pas encore acquis, même si cela semble envisageable jusqu’aux élections de mi-mandat (novembre 2026). Reste à voir comment une telle somme pourra effectivement être allouée. « Augmenter soudainement les dépenses militaires, ce n’est pas une bonne idée pour personne« , a réagi le directeur du GRIP.

Il a précisé que « augmenter une capacité de production, mettre des sites en place, ce sont des processus longs. Un cycle court en défense, c’est 5 ans. Les cycles longs sont de 25, 30, 40 ans. L’industrie a besoin de prévisibilité budgétaire plutôt que d’effets de communication au marteau. » Il sera donc nécessaire de suivre l’implémentation de ces 1500 milliards pour savoir s’ils s’inscrivent dans un plan pluriannuel ou s’il s’agit d’un simple « one shot« .

L’industrie est de toute façon sommée de réagir. Juste avant cette annonce, Donald Trump avait déjà mis la pression dans un autre post sur Truth Social : « Les entreprises du secteur de la défense ne produisent pas notre excellent matériel militaire assez rapidement […]. » Il leur demande de s’organiser et de limiter, en attendant, les rémunérations de leurs dirigeants et les dividendes versés à leurs actionnaires. « Promettre monts et merveilles au niveau des budgets sans qu’il y ait de certitude, » a réagi Yannick Quéau, « ça ne suffira peut-être pas à faire passer la pilule. »

Deux heures plus tard, le président américain annonçait donc ce budget de 1500 milliards de dollars, affirmant agir « pour le Bien de notre Pays« , « spécialement en ces temps troubles et dangereux. » Quatre jours auparavant, les États-Unis avaient arrêté le président Nicolas Maduro au Venezuela. Le même jour, ils saisissaient un pétrolier russe en mer des Caraïbes, tout en ravivant leurs intérêts pour le Groenland.