Belgique

1500 jours de guerre en Ukraine : l’armée russe intensifie ses attaques sans gain de terrain

Des habitants de Kiev se réfugient dans une station de métro lors d’une attaque russe à l’aide de drones et de missiles à Kiev, en Ukraine, le 3 avril 2026. La Russie a cédé du terrain sur la portion sud de la ligne de front, occupant plus de 400 kilomètres carrés fin janvier, réduit à 144 kilomètres carrés en mars.


Il a de nouveau rejeté cette semaine une proposition de trêve pour Pâques faite par Volodymyr Zelensky. Les discussions récentes entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie n’ont pas abouti à des résultats concrets pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, Kiev appelle à reprendre les pourparlers, alors que l’attention de Washington se tourne désormais vers la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février.

En mars, la Russie a lancé un nombre record de drones à longue portée : près de 6500, soit 28 % de plus qu’en février, selon des données compilées par l’armée de l’air ukrainienne. En revanche, le nombre de missiles a diminué (138 en mars contre 288 en février). Ces frappes ont causé de nombreuses victimes civiles, même loin des zones de conflit entre les troupes de Kiev et de Moscou, malgré l’interception en mars de 90 % des drones et missiles par l’armée ukrainienne.

Dans le détail, comme en février, Moscou a perdu du terrain dans la région sud de la ligne de front, entre les régions de Donetsk et Dnipropetrovsk. Cette zone, où la Russie avait commencé à s’installer en juin 2025, occupait plus de 400 kilomètres carrés fin janvier, surface qui a diminué à 200 kilomètres carrés en février, puis à 144 en mars. En revanche, la situation s’est détériorée pour Kiev plus au nord, dans la région de Donetsk, près des grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, où les troupes russes ont progressé d’environ cinquante kilomètres carrés en un mois.

Pour la première fois depuis le début de l’offensive à grande échelle, aucun gain territorial n’a été enregistré par la Russie en mars. Au contraire, les forces ukrainiennes ont réussi à reprendre 9 kilomètres carrés sur l’ensemble du front. À noter que ce chiffre n’inclut pas les opérations d’infiltration des forces russes au-delà de la ligne de front, ni les avancées revendiquées par les Russes, qui restent non confirmées.

Le général Syrsky, commandant des forces ukrainiennes, souligne que la résistance à « l’armée la plus puissante d’Europe » est essentielle dans une « guerre qui dépasse toutes les échelles imaginables ». Selon lui, la stratégie est d’“épuise la Russie », de maintenir le terrain, de frapper là où l’ennemi est vulnérable, et de créer des conditions favorables pour de futures offensives.

Volodymyr Zelensky a aussi intensifié les rencontres avec des pays du Golfe, mettant en avant le savoir-faire ukrainien dans le domaine de la défense. Selon ses propos, l’attitude de ces pays envers l’Ukraine a évolué favorablement, et de grands accords ont été signés en matière de sécurité. Enfin, il a proposé aux États-Unis son aide pour débloquer le détroit d’Ormuz, s’appuyant sur l’expérience acquise par l’Ukraine pour rouvrir le corridor maritime de la mer Noire.

En attendant, l’objectif principal de l’année 2026 pour Kiev semble être la résilience. Le président ukrainien invite également la délégation américaine chargée des négociations à Kiev, estimant que cela pourrait conduire à une réunion trilatérale.

Dans l’ensemble, la ligne de front semble tenir, même si le président a mis en garde que les Russes vont intensifier leurs attaques. Il reste un « brouillard » sur l’issue de ce conflit meurtrier.