Belgique

150 ans du téléphone : évolution des télécommunications, du câble au sans fil

Le téléphone a été inventé pour permettre la communication par la voix, transformant l’onde acoustique en onde électrique à l’aide de circuits électriques. La Belgique a été l’un des premiers pays d’Europe à introduire le RNIS, permettant la transmission de données et de voix sous forme numérique.


C’était il y a exactement 150 ans. À cette époque, le téléphone fait son apparition dans un paysage de télécommunications dominé par le télégraphe. Les signaux étaient d’abord transmis visuellement grâce à des tours munies de bras articulés. Ces codes pouvaient être vus à distance, de colline en colline.

 » Cela fonctionnait à la manière de signaux d’Indiens, » explique Marc Van Droogenbroeck, professeur en télécommunication à l’Université de Liège et ancien ingénieur chez Belgacom. « Puis on a commencé à envoyer un signal via un fil et c’est le télégraphe ‘électrique’ qui est arrivé. Et ensuite, le signal morse a été introduit, permettant une communication avec deux fils. Plus tard, l’idée de communiquer par la voix a émergé, donnant naissance au téléphone. »

La voix est une onde acoustique. Le principe fondamental du téléphone réside dans sa capacité à la transformer en onde électrique. Un système de circuits électriques a été mis en place pour réaliser cette conversion. « Un microphone effectuait la conversion dans un sens, » précise Claude Van Droogenbroeck, « et un autre dans l’autre sens, c’est-à-dire de l’onde électrique vers l’onde acoustique. »

À l’époque, cela représente une véritable révolution dans les systèmes de communication, car il devient possible, pour la première fois et sur de plus grandes distances, de communiquer par la voix. Au début, il s’agissait simplement de relier différentes pièces d’un même bâtiment, mais le réseau s’est progressivement étendu grâce à l’invention du commutateur. « C’est comme un aiguillage ferroviaire. On peut comparer cela au système des trains : si je n’ai qu’une seule ligne et que je peux atteindre plusieurs destinations, c’est grâce aux aiguillages. En téléphonie, cela s’appelle un commutateur. » Les opératrices que l’on voit dans certains films brancher des fils dans un tableau correspondaient à un système de commutateur manuel.

Pour faire évoluer le téléphone, on a d’abord amélioré toute l’infrastructure qui l’entoure, souligne Claude Van Droogenbroeck, professeur à l’ULiège.

La première avancée dans le système de téléphonie a concerné le commutateur. Les commutateurs sont devenus de plus en plus performants dans l’infrastructure du réseau. « On a d’abord automatisé le travail des opérateurs et opératrices qui ‘aiguillaient’ sur des tableaux. Cela signifie qu’un numéro unique a été formé et que l’on a eu son correspondant presque instantanément. » Au fur et à mesure de son évolution, le commutateur a évolué d’un modèle magnétique à mécanique, puis à électronique.

La deuxième grande révolution a été la numérisation de l’infrastructure et du réseau. La Belgique a été l’un des premiers pays d’Europe à introduire le RNIS (Réseau numérique à intégration de services), qui permet la transmission de données et de voix sous forme numérique.

« Vers 1995-96, Belgacom voulait introduire la numérisation de l’abonné. Pour cela, il aurait fallu remplacer tous les téléphones en Belgique. Cependant, cette idée a été contrecarrée par l’arrivée du téléphone portable, qui est un système radio-numérique. »

Le succès du GSM a été fulgurant. « En quatre mois, il y a eu 200 000 abonnés au GSM, ce qui était extraordinaire. Belgacom a donc dû se concentrer sur l’évolution du GSM. »

Par la suite, le numérique a été intégré dans le système de téléphonie, s’étendant ensuite à la transmission de données. « Pour cela, on a inventé un réseau particulier appelé UMTS, que l’on désignait comme 3G. Puis la 4G est arrivée, et enfin la 5G, » conclut Marc Van Droogenbroeck.