Vols spéciaux de rapatriement : Les compagnies aériennes étrangères avantagées


Aucun vol de rapatriement n’a été octroyé à Air Algérie ni en avril ni en mai, ce qui désavantage énormément le pavillon national et suscite plusieurs interrogations.

Alors que plusieurs compagnies étrangères (Air France, ASL Airlines, Transavia, Royal Jordanian. Qatar Airways) exercent le plus normalement du monde sous forme de «vols spéciaux de rapatriement», les avions d’Air Algérie restent cloués au sol. Aucun vol de rapatriement ne lui a été octroyé en avril, ni en mai d’ailleurs, ce qui désavantage énormément le pavillon national et suscite plusieurs interrogations.

Selon des informations en notre possession, le ministère des Affaires étrangères, la direction générale des affaires consulaires et de la communauté nationale à l’étranger et la direction des compétences nationales des programmes et des affaires sociales, ont adressé un message à aux ambassadeurs d’Algérie à Paris, à Ankara et au consul général à Istanbul, le 22 mars 2021, stipulant que «conformément aux instructions du ministre des Affaires étrangères, procéder à la délivrance des autorisations d’entrée en Algérie à titre exceptionnel au profit des citoyens bloqués en France et en Turquie désirant rejoindre le territoire national par les compagnies aériennes étrangères desservant notre pays».

Deux catégories sont concernées. Il s’agit de «citoyens algériens devant accompagner les dépouilles mortelles de leurs proches parents (ascendants, descendants et collatéraux), dans la limite de 4 personnes et les citoyens algériens bénéficiaires des autorisations de sortie et de retour délivrées par les services du Premier ministre et/ou du ministère de l’intérieur pour des raisons médicales et ayant achevé leur période de traitement».

Une vingtaine de dépouilles par jour

Il faut savoir qu’il y a en moyenne une vingtaine de dépouilles par jour. La question qui se pose avec acuité : pourquoi Air Algérie est-elle exclue de ces vols et ne rapatrie pas ses citoyens ?

Et cette situation suscite aussi des lectures sur les réseaux sociaux, certains commentaires y voient «une brèche pour donner des autorisations de sortie et de retour», et d’autres vont jusqu’à l’assimiler, à tort ou à raison, à «des opérations commerciales déguisées». En tout cas, Air France et les autres compagnies françaises vont ainsi améliorer leurs bénéfices sur ce marché de niche en général très rentable en cette période délicate.

Actuellement, trois compagnies françaises opèrent des vols spéciaux depuis l’Algérie : Air France, sa filiale low cost Transavia et la compagnie ASL Airlines. Elles opèrent des vols vers Paris Charles-de-Gaulle et Lyon. Les départs se font depuis quatre aéroports algériens : Alger, Oran, Annaba et Béjaïa. Les trois compagnies commercialisent des billets en aller-simple. En plus, «les billets sont non remboursables et non cessibles».

Par ailleurs, Turkish Airlines a annoncé des vols de rapatriement pour le mois d’avril avec 2 vols par semaine depuis le 1er avril 2021, chaque dimanche et mercredi dans les deux sens Istanbul-Alger et Alger-Istanbul, selon le département marketing du bureau d’Alger qui précise que les «passagers doivent présenter un certificat attestant du résultat négatif d’un test PCR maximum 72 heures avant le vol».

Les frontières algériennes sont fermées depuis le 17 mars 2020. Il faut signaler qu’il n’y a eu aucune réaction des syndicats d’Air Algérie sur la situation catastrophique actuelle, alors que la compagnie aérienne publique est engagée dans une véritable course de survie financière.

Le rythme de la consommation de trésorerie (l’argent immédiatement disponible) met Air Algérie en péril. La reprise des vols domestiques depuis le 6 décembre 2020, à hauteur de 50% sur le réseau Nord et à 100% sur le Sud, est loin de permettre de renflouer les caisses. Les compensations financières dues par l’Etat au titre des sujétions de service public ne sont versées que des mois plus tard.


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