Volet pédagogique et allégement des programmes : Le pari difficile de la réforme du système éducatif


Le secteur de l’éducation a, de tout temps, été un enjeu majeur et pour les décideurs et pour la classe politique et l’opinion publique.

Plusieurs réformes ont été soit annoncées, soit engagées, ces 20 dernières années, sans que cela puisse faire avancer les choses dans le sens souhaité, à savoir bâtir une école moderne. Au centre d’une bataille idéologique, l’école algérienne n’échappe pas au tumulte que connaît la scène politique nationale, chaque camp souhaitant lui imprégner ses orientations.

Le nouveau président de la République, Abdelmadjid Tebboune, veut également lancer «sa» réforme du système éducatif. «Le chef de l’Etat a insisté sur l’impérative révision du système éducatif dans son volet pédagogique, avec un allégement des programmes scolaires, tout en accordant une place importante aux activités sportives et culturelles», a indiqué avant-hier la Présidence dans le communiqué sanctionnant la première réunion du Conseil des ministres. «Parmi les orientations du président de la République au gouvernement, la nécessité d’établir un lien entre l’université et le monde du travail afin qu’elle soit la locomotive de l’édification d’une économie nationale solide, qu’il s’agisse de l’économie traditionnelle ou du savoir, à travers la création de pôles d’excellence universitaires», ajoute-t-on encore.

Le nouveau responsable du secteur, Mohamed Ouadjaout, qui a remplacé Abdelhakim Belabed, a affirmé, le 4 janvier, lors de son installation, «ne ménager aucun effort pour trouver des solutions efficientes aux problèmes du secteur, en collaboration avec tous les cadres et les travailleurs de l’éducation, les partenaires sociaux et les parents d’élèves».

Réussira-t-il là où ses prédécesseurs, notamment Nouria Benghabrit, qui a dirigé le secteur de mai 2014 à mars 2019, ont échoué ? Cette dernière, arrivée au ministère de l’Education nationale avec l’ambition d’apporter des réformes radicales au système éducatif, avait fait face à des résistances énormes, notamment de la part du courant islamo-conservateur qui en a fait une cible. A cet effet, plusieurs polémiques ont éclaté en son temps.

Et comme toute intervention d’un ministre de l’Education est scrutée de très près, celle faite par Ouadjaout, lors de son installation, a également été largement commentée. A la fin de sa courte déclaration, celui-ci, mathématicien de formation et enseignant à l’Ecole nationale polytechnique (ENP), a prononcé des citations du fondateur de la psychologie analytique, le Suisse Carl Jung, du physicien britannique Stephen Hawking et du mathématicien et physicien français Henri Poincaré.

Certains ont, tout de suite, relevé le fait que le nouveau ministre fait référence à des citations de penseurs occidentaux. En tout cas, il est clair que toute démarche entreprise dans le cadre de la réforme du système éducatif risque de provoquer des polémiques. Il reste à savoir en quoi consiste cette réforme évoquée par le président de la République.

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