Vives tensions à deux jours de l’élection présidentielle : Multiplication des appels à la vigilance et au calme


A deux jours de l’élection présidentielle, la tension monte. D’un côté, le pouvoir qui tient à son agenda électoral, de l’autre le hirak, ce mouvement pacifique né le 22 février, qui rejette le scrutin du 12 décembre et s’emploie à tenter de le bloquer. Le duel à distance, qui perdure depuis l’annonce de la présidentielle en août dernier, semble atteindre son paroxysme.

Les vives manifestations de ressortissants algériens devant les bureaux de vote ouverts dans les villes européennes et américaines, qui ont fait les choux gras de la presse internationale, sont illustratives du climat tendu dans lequel se déroule ce processus électoral rejeté par le hirak. Il y a même eu des échanges violents entre organisateurs et contestataires, dans certains bureaux de vote en Europe.

En effet, on a vu ces images d’un père de famille qui dégringolait de la cage d’escalier de la bâtisse du consulat algérien en Pologne. Ce père de famille, venu protester après avoir découvert qu’il avait été mentionné comme votant, s’est accroché violemment avec un employé du consulat. Ce fait renseigne sur cette tension qui fait craindre le pire. Les manifestants n’ont pas caché leur colère quant au traitement par la Télévision publique du déroulement de l’élection dans les villes européennes et nord-américaines.

En Algérie, le hirak poursuit sa mobilisation contre la tenue de ces élections. Des centres de vote sont murés dans plusieurs villes et des urnes jetées. Cette situation particulièrement tendue risque de dégénérer le 12 décembre. Apaiser les esprits pour poursuivre le combat pacifique devient ainsi une urgence pour de nombreuses figures et organisations politiques et associatives impliquées dans le mouvement citoyen. C’est ainsi que des appels au calme, à la vigilance et à la préservation du caractère pacifique du mouvement revendicatif d’un changement radical se multiplient.

Dans une déclaration rendue publique dimanche, le Pacte de l’alternative des forces démocratiques (PAD) a appelé à la poursuite de la mobilisation tout en restant «pacifique». Aussi, un appel à la vigilance afin de déjouer toute tentative de manipulation a été lancé hier par des partis, des associations, des organisations syndicales, des organisations de défense des droits de l’homme, des universitaires, des artistes et des journalistes. Un autre appel aux Algériens a été lancé par des militants politiques, des figures du hirak, des animateurs de la société civile.

Ils ont appelé à poursuivre le combat pacifique, à éviter le recours à toute forme de violence et à ne pas répondre à la provocation. «Nous exhortons le peuple révolutionnaire à déjouer toutes les manœuvres et conspirations qui consistent à engager la jeunesse dans une logique de violence et de chaos», lit-on dans cet appel. Sur les réseaux sociaux aussi, des citoyens impliqués dans le hirak ont lancé des appels à la vigilance pour éviter de tomber dans le piège de la violence. Les Algériens qui manifestent tous les vendredis et mardis veulent ainsi préserver le caractère pacifique de leur révolution du Sourire qui a ébloui le monde entier.

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