Violente répression contre les manifestants


La main lourde de la police s’est abattue ces derniers jours sur le mouvement populaire. La police a empêché, hier, par la force, la marche hebdomadaire dans la ville d’Oran.

Plus de 100 manifestants ont été interpellés et conduits dans les commissariats de la ville. La veille, jeudi, jour de l’élection, les forces de police ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les personnes qui s’étaient rassemblées au centre-ville. «Plus de 100 personnes ont été interpellées, dont les deux activistes Smaïl et Moussa Gherbi. Actuellement, il y a une véritable chasse à l’homme dans des ruelles et quartiers populaires, alors que la place d’Armes est encerclée», a alerté le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

La même répression violente a été signalée dans la ville de Tlemcen, où le comité a recensé plusieurs interpellations. Si 18 personnes, dont 4 femmes, ont été relâchées, elles seraient une vingtaine à avoir été placées en garde à vue. «Elles seront toutes présentées devant le procureur de la République dimanche prochain (demain, ndlr), y compris Samira Berrahoui (enseignante universitaire) relâchée mais qui sera aussi présentée dimanche devant le procureur», précise le CNLD.

A Alger, les policiers antiémeute ont été déployés en force au centre-ville : les premiers manifestants ont été pourchassés, certains arrêtés et transférés vers les commissariats de Ben Aknoun, Draria, etc. Plusieurs blessés ont été recensés dans la soirée parmi les manifestants restés au centre-ville.

Dans la ville de Tizi Ouzou, au moins 54 personnes ont été interpellées durant la soirée de jeudi, suite aux événements qu’a connus la ville. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a dénoncé la violente répression et les arrestations massives à l’ouest du pays, notamment à Oran et à Mostaganem.

«Des arrestations qui visent à diviser plus le peuple algérien, à isoler et stigmatiser la région du Centre, comme seule région qui conteste cette élection», signale Saïd Salhi, vice-président de la Ligue, qui fait remarquer que le pouvoir «joue avec le feu, la confrontation avec le peuple ne fera qu’exacerber les tensions». La police compte-t-elle engager un bras de fer avec les hirakistes en déployant de gros moyens ? Le modus operandi sera-t-il autre dans les prochains jours pour vider les rues et les grandes places de la contestation ?

Salhi signale que la semaine dernière une répression avec des arrestations par centaines a été signalée, surtout à la veille du vote, «pour intimider le peuple et le forcer à voter». «Le pouvoir n’a pas réussi, le peuple a répondu pacifiquement par des marches partout le jour du vote pour dénoncer le coup de force et rejeter ces élections.

Aujourd’hui (hier) encore, il est sorti par millions, déterminé à poursuivre son hirak. Le système a proclamé son représentant, le pouvoir réel a rétabli sa façade civile. Désormais, la balle est dans son camp pour apporter des réponses sérieuses à la hauteur des attentes exprimées et de l’espoir suscité par ce hirak héroïque. Sinon le fossé se creusera davantage au risque d’une rupture aux conséquences imprévisibles», met en garde le militant des droits de l’homme.

Post Views: 68