Violences faites aux femmes : La liste macabre des féminicides s’allonge


Plusieurs collectifs féministes avaient appelé à des rassemblements, jeudi dernier, à Alger, Oran, Béjaïa, Tizi Ouzou, ou encore Constantine pour dénoncer les féminicides.

Le phénomène des féminicides prend de plus en plus d’ampleur en Algérie, et la liste macabre s’allonge dramatiquement, mois après mois.

Quelques jours à peine après le meurtre odieux de la jeune Chaïma, la Protection civile a annoncé, jeudi dernier, la découverte du corps sans vie d’une autre femme dans la wilaya de Sétif.

Selon la Protection civile, le corps calciné d’une femme âgée d’une trentaine d’années a été découvert dans la soirée de mercredi dernier dans une forêt à El Eulma. Suspecté d’être l’auteur du crime, un jeune de 28 ans, originaire d’El Eulma, s’est rendu à la gendarmerie et a reconnu les faits, selon des médias.

Deux jours plus tard, c’est le corps carbonisé d’une fille âgée d’une vingtaine d’années qui a été découvert dans le quartier Tahaggart-Ouest, banlieue de la ville de Tamanrasset, d’après la Protection civile, citée par l’agence APS. Les services de la Gendarmerie nationale ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de ce meurtre.

A Khenchela, un homme a assassiné son épouse à coup de fusil, avant de tenter de s’immoler par le feu, dans la localité d’El Mahmal. Les raisons à l’origine de ce meurtre restent inconnues. Le mari a été évacué en urgence au CHU de la wilaya de Batna, pour traiter ses brûlures, alors qu’une enquête été ouverte, pour découvrir les circonstances exactes du crime.

Auparavant, le viol et l’assassinat de le jeune Chaïma avaient déclenché une onde de choc et d’indignation à travers tout le pays, relançant le débat sur l’urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes et sur la peine capitale. Battue, violée et brûlée vive par un homme contre lequel elle avait déjà porté plainte pour viol en 2016, elle est devenue un symbole de plus de l’indifférence face aux violences faites aux femmes.

Le suspect, qui s’est rendu à la police, a reconnu avoir tué Chaïma. Le juge d’instruction près le tribunal de Boumerdès a ordonné de placer en détention provisoire le meurtrier de la jeune femme. Il est accusé d’«homicide volontaire en recourant à la torture».

Plusieurs collectifs féministes avaient appelé à des rassemblements, jeudi dernier, à Alger, Oran, Béjaïa, Tizi Ouzou ou encore Constantine. A Alger, une centaine de femmes s’étaient rassemblées pour exprimer leur colère, mais la police les a vite dispersées. A Oran, la manifestation a été d’emblée empêchée par la police.

Une vingtaine de personnes ont été interpellées puis relâchées un peu plus tard. Malgré l’adoption en 2016 d’une loi contre les violences à l’égard des femmes, le phénomène des féminicides ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, selon des associations de défense des droits des femmes.

Algérie Féminicides, un compte Facebook qui pallie l’absence de statistiques officielles en faisant un travail de veille, a recensé jusqu’ici 40 cas de meurtre de femmes pour la seule année 2020, une soixantaine en 2019. Un chiffre qui fait froid dans le dos et bien en dessous de la réalité, selon les initiatrices du projet, recensant dans la presse toutes les victimes de ces crimes.

Alors que la remise cause du moratoire sur les exécutions, appliqué en Algérie depuis 1993, divise la société, le président Tebboune a ordonné, dimanche dernier, l’application des peines maximales, sans possibilité d’allégement ou de grâce, contre les auteurs de crimes d’enlèvement de personnes «quels qu’en soient les tenants et les aboutissants».

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