Universités : année blanche écartée et rattrapage des cours perdus


Ils ont prouvé leur force. Ils étaient bien dans leur rôle. Les étudiants de plusieurs facultés du pays n’ont pas manqué à l’appel depuis le 26 février dernier. Chaque mardi, RDV pour manifester contre le système et le départ de tous ses symboles. De longues grèves ont été lancées, même si certaines structures universitaires ont fini par reprendre, mais évidemment sans toucher à la journée de mardi.

En tout cas, les cours sont sérieusement perturbés. Mais le nouveaux ministre l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique – installé pour la gestion des affaires courantes, mais estimé comme non légitime – tient un autre discours. Pour banaliser le mouvement des étudiants, il a écarté, hier à Alger, l’éventualité de «décréter une année blanche pour l’année universitaire actuelle». Tayeb Bouzid a assuré que les cours n’ayant pas été dispensés en raison de la grève au niveau des universités seront rattrapés. Il dit qu’«il n’y a pas lieu de parler d’année blanche, vu que les cours ont été dispensés normalement durant la premier semestre».

Pour lui le retard pédagogique sera néanmoins, rattrapé, à la faveur d’une série de mesures qui feront l’objet d’examen au niveau des établissements universitaires. Plusieurs solutions ont été définies pour «rattraper les écarts enregistrées dans les activités pédagogiques et ce, afin de préserver la crédibilité de la formation, d’autant que l’écart n’existe pas uniquement entre les différentes universités, mais au sein d’un même établissement entre spécialités, classes ou facultés».

Le ministre évoque le mouvement populaire en raison duquel ces universités était désertées. Mais Tayeb Bouzid tente tout de même de sensibiliser l’ensemble des partenaires universitaires. : «Il est de notre devoir à tous, enseignants-chercheurs, étudiants, fonctionnaires et responsables d’œuvrer à protéger l’université algérienne contre tout risque de dérapage pouvant compromettre le processus pédagogique de l’étudiant, et de contrer toute tentative visant à porter atteinte à la crédibilité du diplôme de l’enseignement supérieur et à la réputation de l’université.» Une déclaration qui sonne comme une tentative de vouloir dissuader cette force ou d’extraire l’université du mouvement. Néanmoins, plusieurs universités ont d’ailleurs décidé de reprendre les cours dès dimanche prochain.

C’est le cas à l’université Saad Dahlab de Blida. «Nous reprendrons les cours ce dimanche», nous a confié le recteur. «Une décision qui a été probablement faite sous pression de ces supérieurs», rapporte Meriem, étudiante en 3e année mécanique à Blida.

Par ailleurs, à Bab Ezzouar, la décision des étudiants est mitigée entre reprendre les cours ou continuer la grève. «Malgré la décision unanyme du syndicat des étudiants de poursuivre la grève, certaines sections et spécialités ne l’entendent pas de cette oreille et décident de suivre les cours avec les professeurs qui souhaitent poursuivre le programme», explique Lyna, étudiante en mastère à Bab Ezzouar.

Le ministre a rappelé aux directeurs des établissements universitaires, des centres et agences de recherche scientifique à «la nécessité de s’engager à l’adoption du dialogue comme méthode et de la concertation comme moyen, en vue de trouver les solutions idoines à même de prendre en charge les impacts induits par les circonstances exceptionnelles que vit le système universitaire».

Tayeb Bouzid a également exhorté les même responsables à «rattraper le temps pédagogique perdu à travers leurs initiatives dans le cadre de plans et programmes adoptés en concertation avec toutes les composantes de la corporation universitaire, tout en prenant en compte les contrastes enregistrés».

Le ministre a notamment indiqué que le mouvement populaire a perturbé le déroulement régulier des activités pédagogique dans la plupart des établissements universitaires et ajoute que «le hirak a révélé la force, l’efficacité et la contribution de la corporation universitaire et scientifique dans la dynamique du sursaut nationale que connaît la société». Quoiqu’il en soit grève ou pas grève, les étudiants ne manqueront pas à leur devoir du mardi : une manifestation pacifique pour réitérer le départ du système, mais surtout pour une Algérie démocratique.

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