une vingtaine de partis politiques chez le président de l’ANIE : «Il y a un ‘‘excès’’ dans l’application de la loi électorale»


Une vingtaine de partis politiques sur les 19 admis à prendre part aux élections législatives anticipées du 12 juin prochain ont été reçus hier, à leur demande, par Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

Une audience intervenant à quelques heures de l’expiration du délai de l’examen par l’ANIE des dossiers de candidature au scrutin du 12 juin. Ces chefs de formation politique veulent des clarifications quant aux «zones d’ombre» qui entourent les prochaines élections et par la même expriment auprès de cette instance leur mécontentement au sujet de ce qu’ils considèrent être des «irrégularités» ayant entaché la phase de traitement des dossiers de candidature.

C’est Fadjr El Djadid, parti dirigé par Tahar Benbaïbeche, qui est derrière cette initiative. Cinq autres partis – MSP, FJD, El Bina, Parti de la voix du peuple et Jil Jadid – ont demandé mercredi dernier une entrevue avec le président de l’ANIE afin de discuter, entre autres, des dispositions de l’article 200 de la loi électorale qui «prête à confusion» ainsi que des détails sur le déroulement du scrutin. Selon nos sources, l’ANIE a rendu publiques 62 décisions, à leur tête le rejet définitif de 15 listes partisanes et 11 indépendantes en raison de leur non-conformité à la nouvelle loi électorale. Des responsables de l’ANIE, au niveau de plusieurs wilayas, ont confirmé avoir révoqué nombre de candidatures pour liens avec les milieux de l’argent sale ou antécédents terroristes ou judiciaires.

Parmi les candidatures rejetées, figurent celles des ex-députés Saïd Zouar du MSP et M’hamed Abaziz de Sawt El Chaâb. Des noms du RND, du FLN, d’El Bina, de Jil Jadid et plusieurs autres listes de candidatures des partis Ennahda ont été également éliminés de la course aux législatives, car jugés non conformes et ne remplissant pas les critères.

Halim Benbaibeche, cadre dirigeant de Fadjr El Djadid, parti qui a vu plusieurs de ses listes électorales rejetées par l’ANIE, réfute le motif de prétendus liens qu’auraient leurs postulants avec l’argent sale. Il y a, soutient-il, une interprétation «exagérée» et «erronée» de l’article 200 de la loi électorale, qui a privé son parti et plusieurs autres entités politiques de listes entières. «Nous avons exposé ce problème et aussi le critère du taux de jeunes qui est abusivement appliqué. Beaucoup de jeunes ont été exclus du jeu pour une question de calcul d’âge et aussi pour avoir été des activistes du hirak !» note Benbaïbèche.

«Je ne défends pas la îssaba»

Jil Jadid, qui se félicite de l’exclusion de candidats dont le lien avec l’argent sale est avéré ou ceux ayant des antécédents judiciaires, s’est rendu à cette rencontre pour demander des clarifications sur le déroulement du scrutin. «Je ne me suis pas rendu à cette réunion pour défendre la îssaba. Je ne vais pas me faire l’avocat du FLN ou du RND ou d’autres, comme l’espèrent les partis qui se sont ‘‘agrippés’’ à nous.

Nous sommes en quête d’explications. Il y a un cafouillage en matière d’opération de vote, notamment sur le bulletin de vote, le classement des candidats, les éléments d’identification», explique Soufiane Djilali, leader de Jil Jadid, qui ne nie pas qu’il y a eu un certain «excès» dans l’application de l’article 200 de la loi portant régime électoral, puisque certaines entités ont évoqué, selon lui, des cas de candidats dont les dossiers ont été rejetés au motif qu’ils étaient des activistes du hirak. Mais Jil Jadid, qui a présenté des activistes du hirak au niveau de certaines circonscriptions électorales, n’a pas été confronté à ce problème, aucune de ses candidatures n’a été rejetée.

Sur les 488 candidats que Jil Jadid a présentés, l’ANIE a rejeté une trentaine pour absence de carte d’électeur et de carte militaire. «Le rejet n’est pas définitif, puisque le parti a déposé des recours. Seulement, nous réfutons les motifs avancés par l’ANIE. Nos candidats possèdent la carte d’électeur, mais ne trouvent pas leurs noms sur le fichier et ils ont entamé la procédure pour l’obtention de la carte militaire», affirme M. Djilali.


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