Une vingtaine de détenus libérés hier à travers le pays


La libération des détenus s’est poursuivie durant la journée d’hier. Jusqu’en début de soirée, une vingtaine de détenus d’opinion ont été remis en liberté.

«Il y a eu jusqu’à cet instant 36 détenus d’opinion libérés dont 17 le vendredi et 19 aujourd’hui (samedi). Six autres prisonniers ont été libérés vendredi, mais ils ne sont pas considérés comme détenus d’opinion. Donc, en totalité, 42 détenus ont été remis en liberté. Il reste actuellement 30 détenus d’opinion en prison», détaille Zaki Hannache, militant du mouvement populaire, qui effectue un recensement quotidien des détenus d’opinion incarcérés.

De son côté, le Comité national pour la libération des détenus d’opinion (CNLD) a arrêté une liste provisoire des détenus qui ont bénéficié de la grâce présidentielle : Mohamed Lamine Mosbah (Skikda), Afif Henine (Tébessa), Mourad Koraichi (M’sila), Baghdad Belhadj Elbachir (Mascara), Laâlami Chems Eddine dit Brahim, Hassane Zebiri, Hamid Hedjam, Azeddine Bouteba, Ali Chernine, Abderrezak Abbache (Bordj Bou Arréridj), Yasser Kadiri, Saïd Zegar, Abdelatif Bensalah, Khelil Kheyi, Aksassi Elhassane (Adrar), Namia Abdelkader (Tipasa), Ali Naib et Nasreddine Younes (Tiaret) et Feki Elhadj Ahmed (Mostaganem).

A sa sortie de prison, Brahim Laâlami, l’un des activistes en vue du hirak, a exprimé sa tristesse de voir des détenus, arrêtés lors des manifestations du mouvement populaire, encore en détention.

«Je ne suis pas heureux, des détenus sont toujours en prison. Nous serons libres quand nous aurons un Etat de droit et de justice», tranche-t-il devant la foule venue l’accueillir à sa sortie de la maison d’arrêt de Bordj Bou Arréridj. Durant toute la journée d’hier, des activistes du mouvement populaire s’étaient interrogés sur le sort de certains détenus, à l’instar de Mahad Gasmi, Noureddine Tounsi, Toufik Hassani, Abdallah Benaoum, en détention provisoire depuis plusieurs mois.

Ghediri devant la chambre d’accusation ?

Certains s’étaient interrogés également sur la situation du général Ali Ghediri, incarcéré le 13 juin 2019 pour «participation à la fourniture à des agents de pays étrangers d’informations qui portent atteinte à l’économie nationale» et «atteinte au moral de l’armée».

En fin de journée, ses avocats, cités par des médias, affirmaient que le détenu devra passer, aujourd’hui, devant la chambre d’accusation d’Alger, et que «sa libération n’est qu’une question d’heures».

Trente-trois détenus dont 21 condamnés définitivement à des peines de prison ferme pour des actes liés à «l’utilisation des réseaux sociaux» ou commis lors de rassemblements, et 12 n’ayant pas écopé de peines définitives, mais impliqués dans des actes similaires ont été élargis, vendredi, dans le cadre des mesures de grâce décidées jeudi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a précisé un communiqué du ministère de la Justice.

Les juridictions compétentes ont procédé «à partir de la date d’aujourd’hui à l’élargissement des détenus n’ayant pas écopé de peines définitives, impliqués dans des actes similaires».

Des avocats du collectif de défense des détenus d’opinion s’étaient interrogés sur la «légalité» de la procédure de grâce prononcée par le président Tebboune et sa conformité avec l’article 91 de la Constitution et l’article 6 bis du code de procédure civile.

«Les avocats ont fait appel des ordonnances de détention provisoire, mais n’ont pas eu gain de cause», regrette Ali Fellah Benali.

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