Une manif et beaucoup de civisme à Constantine


Maintenir le mouvement sans pénaliser les candidats aux épreuves du baccalauréat était la devise des étudiants de la wilaya de Constantine, qui ont marché encore une fois hier mardi. Moins nombreux que d’habitude, mais toujours accompagnés des enseignants, ils ont organisé durant la matinée un sit-in d’environ deux heures au sein de l’université des Frères Mentouri Constantine 1, avant de rejoindre leurs camarades au centre-ville.

Vers midi, et en arrivant à la place du Colonel Amirouche (la Pyramide), les protestataires se sont comportés avec beaucoup de civisme et ont refusé de fermer la route en cette deuxième journée des examens du bac. En chœur, ils ont scandé leurs slogans habituels hostiles aux deux «B», Bedoui et Bensalah, mais surtout ils ont demandé le départ de «Gaïd qui les a trahis».

C’était leur réponse à l’allocution du chef d’état-major et vice-ministre de la Défense Ahmed Gaïd Salah, prononcée lundi dernier en marge de sa visite à la 3e Région militaire à Béchar. Les étudiants ont exprimé leur fermeté en refusant son appel à «l’organisation l’élection présidentielle dans les plus brefs délais», sans le départ des deux «B», mais ils ont insisté sur la nécessité de l’établissement d’une «commission indépendante de surveillance des élections». Cette commission, selon leurs dires, devrait être composée de gens intègres et choisis par le peuple. «Nous sommes là pour que l’Algérie devienne un pays démocratique et que la volonté du peuple soit concrétisée réellement sur le terrain.

Nous voulons démilitariser le pays, nous voulons un Etat civil, un Etat démocratique, qui sera à l’hauteur des attentes du peuple», a déclaré Azzedine Messaoudi, étudiant à l’Ecole nationale polytechnique de Constantine. A l’avenue Abane Ramdane et brandissant des photos à la main, les protestataires ont observé une minute de silence à la mémoire de Mohamed Morsi, ex-président égyptien, décédé lundi. Loin de défendre le courant ou l’idéologie à laquelle appartenait Morsi, les étudiants étaient unanimes à dire que cette action est un message qu’ils veulent transmettre à l’Armée nationale et lui dire : «Condamner la volonté légitime du peuple est un crime» et qu’ils sont pour la démilitarisation du régime. Ils ont également fait savoir qu’ils continueront à défendre la liberté du peuple dans son choix pour élire son président. Cette action a été largement saluée par les citoyens qui ont rejoint la marche, en signe de solidarité avec les étudiants.

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