Une loi de finances complémentaire en préparation : Effacer «les dispositions fiscales injustes»


Abdelaziz Djerad affirme avoir été à l’origine de la proposition de recours à une «loi de finances complémentaire» afin d’«annuler les dispositions fiscales injustes contenues dans la loi de finances 2020».

Le Premier ministre accuse même son prédécesseur, Noureddine Bedoui, d’avoir voulu «semer la zizanie» avec l’élaboration de ces dispositions fiscales injustes. «J’ai proposé au président de la République la préparation d’un projet de loi de finances complémentaire en vue de traiter les dysfonctionnements contenus dans la LF-2020.

Des dispositions fiscales injustes envers les salariés exerçant au Sud et certaines professions libérales, dont l’objectif était de semer la zizanie seront annulées», lâche Abdelaziz Djerad en confirmant ainsi les supputations sur les intentions douteuses qui se cachaient derrière la précipitation dans l’élaboration de la loi de finances 2020 par le gouvernement Bedoui et son adoption.

Pourquoi donc Bedoui visait-il à gêner l’Exécutif devant de prendre les rênes après l’élection du 12 décembre ? «Semer la zizanie», le mot lâché par M. Djerad n’est pas fortuit et a dû être bien mesuré avant qu’il ne soit livré ainsi à l’opinion publique.

C’est loin d’être un tacle amical, bien au contraire, c’est une critique sévère contre Bedoui ou même le clan qu’il représente, et carrément une accusation grave de vouloir déstabiliser le travail du gouvernement devant lui succéder.

Pour rappel, les avocats et les médecins avaient vigoureusement dénoncé, en janvier dernier, leur exclusion par la LF-2020 du régime d’impôt forfaitaire unique. Le gouvernement Djerad a vite répondu à la colère des professions libérales en annonçant le gel de l’application de cette disposition de la loi de finances. Abdelmadjid Tebboune avait lui aussi annoncé, lors de son face-à-face avec des représentants de la presse nationale, qu’une loi de finances complémentaire allait être élaborée afin d’annuler les dispositions fiscales impopulaires incluses dans la LF-2020 élaborée par Bedoui.

Dans son discours, Abdelaziz Djerad accable Bedoui, encore une fois, sur l’incidence financière grave résultant des décisions et engagements pris en 2019, qui s’élève à 1000 milliards de dinars, en l’absence pourtant des financements nécessaires pour les couvrir.

Cette deuxième critique aura-t-elle des conséquences sur Noureddine Bedoui ? Devra-t-il répondre de ces dépenses «inutiles» devant les juridictions ? Abdelaziz Djerad affirme que son gouvernement «s’attellera à assainir l’héritage désastreux de la gouvernance des années précédentes par la mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien».

Il assure pouvoir arriver «à dépasser la situation économique et financière difficile de l’Algérie». «Le gouvernement s’emploiera à l’élimination des dérives ayant marqué la gestion des affaires publiques de l’Etat et des incidences négatives des forces anticonstitutionnelles sur la décision politique et économique du pays», a-t-il affirmé. Ceci en reconnaissant toutefois que la situation financière du pays demeure fragile et tributaire des fluctuations du marché des hydrocarbures.

Le Premier ministre note ainsi l’aggravation du déficit budgétaire en 2019, la hausse du déficit de la balance commerciale à 10 milliards de dollars à la fin 2019, le recul des réserves de change de plus de 17 mds dollars et la hausse de la dette publique intérieure représentant 45% du PIB, contre 26% en 2017.

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