Une commission officielle a été dépêchée sur site : « Aucune agression constatée sur les dolmens de Bounouara »


Des cadres de la wilaya de Constantine ont démenti cet après-midi l’agression contre les dolmens de Bounouara.

Interrogé par El Watan, Bachir Sahraoui, directeur des mines et de l’industrie de la wilaya, s’exprimant au nom de la commission dépêchée par le wali, a exclu toute forme de saccage. « La commission a constaté l’existence de deux dolmens sur le périmètre d’une carrière à l’arrêt. En plus, l’exploitant a pris le soin d’ériger une clôture autour de ces deux sépultures. »

Cette version est à l’antipode de la description faite par une archéologue italienne qui travaille sur le site, et confirmée par des citoyens de Constantine. L’alerte relayée samedi sur le site web d’El Watan a indigné l’opinion publique et a fait pourtant bouger les autorités qui se sont déplacées hier sur le site.

La commission composée du directeur des mines et de l’industrie, du directeur de la culture, auxquels s’est joint le représentant de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels (OGEBC), a décidé cependant d’un nombre de mesures d’urgence pour protéger le territoire des dolmens de Bounouara.

Toujours selon M. Sahraoui, il a été prévu de recenser et délimiter la zone où se trouvent les dolmens, de soumettre toute demande de renouvellement des titres miniers à l’avis de la direction de la culture et aussi d’envoyer des mises en demeure à une exploitant pour le sommer d’enlever des déblais qu’il a délibérément déposé en dehors de son périmètre.

La vaste nécropole mégalithique située près du village de Bounouara s’étend sur le versant ouest du Djebel Mazela sur la route de Guelma, à trente kilomètres au sud-est de Constantine. Le problème avec ce site précieux, le plus grand en Afrique, est l’absence de délimitation et d’un recensement précis.

On estime entre 3000 et 4000 les dolmens éparpillés sur le territoire en question. Les cadres accompagnés par des archéologues de l’OGEBC et des exploitants miniers ont visité les sept carrières de la région, dont deux sont à l’arrêt. L’activité sur ces deux dernières a été suspendue en 2012, précise Aribi Zitouni, directeur de la culture de la wilaya.

Ce dernier a déclaré à El Watan que la plus importante des mesures prises hier concerne la protection du site contre les agressions à l’avenir. « Au département de la Culture, il était prévu un projet d’inventaire et de délimitation du site de Bounouara en 2020, mais suite à cette alerte et même si elle s’est avérée fausse, nous avons décidé d’avancer la mise en œuvre du projet à 2019. », a-t-il expliqué.

A la question de savoir comment se fait-il que des permis d’exploitation minière soient accordée sur des sites classés et donc protégés par la loi, le même responsable a répondu qu’ « en principe la direction de la culture doit donner son avis en pareils cas, mais l’absence de délimitation du site ne permet pas toujours d’intervenir avec précision. »

En Algérie, le manque de coordination entre secteurs, voire le chevauchement des prérogatives, a provoqué de nombreux cas d’atteinte au patrimoine culturel et historique.

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