Un projet «impossible» selon les autorités


Est-ce que l’anglais peut remplacer le français dans les établissements universitaires, scolaires et administratifs ? Une question qui s’impose, aujourd’hui, après les déclarations officielles de certains ministres quant à la suppression de la langue de Molière dans tous les établissements.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, initiateur de cette «idée», ne s’est pas seulement contenté de déclaration, mais a carrément parlé de véritable intention de son département à prendre l’anglais comme deuxième langue dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.  Sur sa page Facebook, Tayeb Bouzid a évoqué le renforcement de l’utilisation de cette langue dans les différentes institutions et les cursus universitaires. «Comme déjà annoncé ici à travers cette plateforme sur le renforcement de l’utilisation de la langue anglaise, nous avons commencé à recueillir les avis des étudiants, des enseignants et des administrateurs quant à sa mise en place effective.

Ce sondage n’est qu’une première étape», lit-on sur la page Facebook de cet actuel premier responsable du secteur. Il promet de publier des vidéos regroupant les différents avis recueillis. A en croire ces publications, le français ne fera pas long feu dans les universités. Toutefois, une source proche du ministre en question évoque une initiative individuelle et l’absence de décision officielle. Selon notre source, ce projet est irréalisable à l’heure actuelle pour plusieurs raisons. Il s’agit essentiellement de l’absence de formateurs et de documentations en anglais. «Qu’allons-nous faire de toute la documentation en langue française qui remplit nos bibliothèques ? Nous n’avons pas les capacités aujourd’hui, notamment financières, de tout remplacer.

Et puis comment allons-nous imposer une langue non maîtrisée du tout et considérée jusqu’à aujourd’hui comme langue secondaire ? Impossible», indique notre source. Pour les responsables du secteur de l’Education nationale, il est aujourd’hui hors de question d’entamer de pareils changements. Concernant l’annulation de la langue française pour les examens professionnels de promotion du secteur, prévus le 16 du mois en cours, Lamine Cherfaoui, responsable de la communication au sein de ce ministère, déclare que cette décision n’a rien à voir avec les projets des autres départements ministériels.

Pour lui, cette épreuve n’a pas été remplacée par une autre langue mais supprimée tout court. Le but est de ne pas restreindre les promotions aux francophones. Ceci concrétise, selon lui, le principe d’équité notamment pour les gens du Sud qui ne maîtrise pas le français. Ceci contrairement aux épreuves de recrutement externe où le français n’a pas été supprimé. Il a été renforcé par d’autres langues, l’anglais entre autres, avec une possibilité de choix pour les candidats. Les observateurs du secteur de l’enseignement fondamental et supérieur sont unanimes quant à l’absence de moyens pour généraliser une nouvelle langue dans le milieu d’une génération qui ne maîtrise aujourd’hui aucune langue, ni maternelle ni acquise comme butin de guerre. Ils considèrent que ce type de décision relève du populisme. Rien de plus.  

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