Un an de prison requis contre Lakhdar Bouregaâ : Le verdict sera connu le 26 mars


Le verdict du procès de Lakhdar Bouregaâ, qui s’est tenu jeudi au tribunal de Bir Mourad Raïs, sera rendu le 26 mars. Le procureur de la République a requis un an de prison ferme contre cet opposant politique et Commandant de la Wilaya IV historique.

A sa sortie du tribunal, Mustapha Bouchachi, l’un des avocats de la défense, a affirmé que «non seulement il doit être relaxé, mais aussi il doit recevoir des excuses pour avoir été arrêté et malmené». Me Bouchachi a rappelé qu’il s’agissait d’un héros national, un commandant de l’Armée de libération nationale (ALN), qui a combattu pour que l’Algérie soit indépendante. L’avocat a souligné que le combat de Bouregaâ pour l’Algérie ne s’est pas arrêté à l’indépendance, en 1962. Bien au contraire, il s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui.

Pour l’avocate Nabila Smail, qui s’est exprimée au micro de Berbère télévision, le jugement de Lakhdar Bouregaâ est «scandaleux». «Ce valeureux homme a été témoin de la confiscation de l’indépendance. Ils l’ont mis en prison pour ses propos purement politiques, pour avoir dit au chef d’état-major de l’armée :  »Ta place est dans la caserne et que le Président vous l’avez déjà préparé. » Le temps a fini par lui donner raison», affirme cette avocate au même média. Lakhdar Bouregaâ a été arrêté le 29 juin 2019 et placé sous mandat de dépôt le 30 du même mois pour avoir vertement critiqué le chef d’état-major de l’armée de l’époque, Ahmed Gaïd Salah, décédé le 23 décembre 2019.

Il est poursuivi pour «atteinte au moral de l’armée». Et depuis son incarcération à la prison d’El Harrach, Lakhdar Bouregaâ est «présent» à travers son portrait dans les marches des mardis et des vendredis. Les participants à ces marches n’ont cessé d’exiger sa libération ainsi que celle de tous les autres détenus du hirak. Agé de 86 ans, Lakhdar Bouregaâ a été remis en liberté provisoire, avec d’autres militants du hirak arrêtés, le 2 janvier de l’année en cours.

Pour le collectif de défense, il est bien clair que Bouregaâ est «jugé» pour ses opinions et ses critiques acerbes du système politique. Après avoir été arrêté, Lakhdar Bouregaâ a subi une campagne de dénigrement. En effet, il a été présenté par la chaîne de télévision officielle comme un simple usurpateur qui n’était pas le véritable Commandant de la Wilaya IV historique. Ce qui a suscité de vives réactions de dénonciation de la part de citoyens mais aussi d’avocats et de figures du hirak.

Par ailleurs, les activistes Karim Boutata et Ahcene Kadi ont été condamnés à 6 mois de prison ferme et 20 000 DA d’amende. Ils sont en liberté provisoire depuis le 2 janvier. Aussi, le poète Mohamed Tadjadit a écopé, en appel, d’un an de prison avec sursis. Lors de son procès en première instance, Mohamed Tadjadit a été condamné à 18 mois de prison ferme. Lui aussi a été remis en liberté provisoire le 2 janvier dernier. En revanche, le procès des ex-détenus arrêtés le vendredi 13 septembre et remis en liberté provisoire le 2 janvier a été renvoyé au 16 avril prochain.

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