Trois jours après les émeutes de Tinerkouk, la population exige le départ de tous les responsables locaux


Dans une correspondance adressée au Premier ministre, un collectif de députés de la wilaya d’Adrar dénonce ce qu’il qualifie d’«attaque flagrante contre le sit-in populaire pacifique organisé par les jeunes de Tinerkouk, au nord d’Adrar».

Les député estiment que «ces événements sont la conséquence du retard des autorités locales et de l’Etat à intervenir pour trouver des solutions aux problèmes de la jeunesse de cette daïra, qui souffre du fléau du chômage, les obligeant à fermer le siège de la daïra pour protester contre la levée d’un sit-in pacifique par la force publique». Cette intervention musclée avait, pour rappel, entraîné de violents affrontements avec les forces antiémeute sans privilégier le dialogue pacifique, engendrant de graves blessures parmi les manifestants et la police.

Les représentants du peuple ont condamné ces pratiques «indignes de l’Algérie nouvelle», soulignant la nécessité de demander des comptes à tous ceux qui ont œuvré à déstabiliser la sécurité et la stabilité de la région. Les députés se sont indignés de ce que les autorités ont réquisitionné les forces de sécurité pour rompre une manifestation qui était initialement pacifique, selon le communiqué. Le Premier ministre, Noureddine Bedoui, a pour sa part chargé le wali Adrar, le blâmant ouvertement d’avoir failli à sa mission de trouver des solutions aux problèmes de «la jeunesse de la circonscription de Tinerkouk, qui souffre du fléau du chômage», de l’aveu même du Premier ministre.

Chômage

Le chômage dont souffre la jeunesse de Tinerkouk est devenu le principal motif de protestation dans cette région gazière ou la population réclame un droit de priorité dans l’embauche concernant les postes d’exécution ne demandant pas de qualification supérieure ou spécialisée.

Les sociétés opérant dans la région relèvent que la main-d’œuvre locale ne dispose pas des aptitudes et compétences requises, mais aucune action sociale allant dans le sens de la prise en charge de la formation professionnelle des jeunes dans le cadre de la responsabilité civique des sociétés pétrolières n’ont pas été entamés à ce jour.

D’où le dialogue de sourds qui s’est instauré depuis plus d’un mois, après une dizaine de séances de travail entre les autorités locales et les protestataires.

Aucune solution concrète n’a été trouvé et les jeunes ont dû recourir au blocage de la route menant vers la zone industrielle, acceptant toutefois de laisser les personnels se rendre à leur travail et de permettre le ravitaillement de la base. Mardi dernier, le chef de daïra a décidé de lancer l’assaut afin de lever «ce sit-in qui a trop tardé», selon lui.

A la délégation de jeunes venus le trouver après l’arrestation de leurs camarades, ce dernier aurait rétorqué par la négative, ce qui a mis le feu aux poudres.

Les manifestations pour la libération des détenus ont dégénéré en émeutes et le siège de la daïra a carrément été incendié. La population demande à présent au gouvernement d’élucider les tenants et aboutissants de ce grave incident et de demander des comptes aux responsables.

Jeudi matin, à Tinerkouk ainsi qu’au chef-lieu de la wilaya d’Adrar, le slogan «silmiya silmiya» a été scandé lors d’impressionnantes émeutes demandant le départ du wali, du chef de daïra et du président de l’APC de Tinerkouk. La population d’Adrar s’est portée solidaire de cette localité oubliée, où la jeunessse crie sa détresse.

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