Transition démocratique : Zoubida Assoul réclame l’ouverture d’un dialogue «sérieux»


La présidente de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), Zoubida Assoul, a exhorté, hier à Alger, le régime en place à engager un dialogue «sérieux» avec l’opposition en vue de sortir de «l’impasse politique» et se projeter dans une transition démocratique. «Après dix semaines de révolution, il faut que le pouvoir montre des signes de bonne volonté.

Il faut aller vers une période de dialogue sérieux», a souligné Zoubida Assoul, invitée du forum du quotidien gouvernemental El Moudjahid.

Les partis de l’opposition, en dépit des ambitions partisanes, s’accordent, selon elle, sur une rupture radicale avec l’actuel régime et aspirent à l’édification d’un Etat de droit. «Il faut aller vers une feuille de route consensuelle qui établira les mécanismes et la durée de la période de transition. L’opposition est prête au dialogue et leurs propositions sont discutables.

Il y a urgence à voir des dirigeants légitimes. Le défi aujourd’hui est de sauver l’Algérie», a ajouté Zoubida Assoul, en suggérant l’élaboration d’une «nouvelle Constitution qui permettrait d’instaurer un équilibre des pouvoirs» et la désignation d’un nouveau gouvernement de compétences nationales.

Quid du rôle de l’armée ? Pour la présidente de l’UCP, l’institution militaire peut jouer seulement un rôle de «facilitateur» dans le processus de transition. «Gaïd Salah ne doit pas faire de politique», a estimé l’ex-magistrate.

Évoquant l’élection présidentielle du 4 juillet prochain, la conférencière a indiqué que le peuple «refuse lui-même le processus électoral avec les mêmes causes qui vont produire les mêmes effets», précisant qu’«on ne peut pas faire du nouveau avec les même personnes et qui ont été la cause de l’échec politique et économique et de la régression sociale».

Elle n’a pas manqué d’exiger à nouveau le départ des symboles du régime, dont le président par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre, Nourredine Bedoui.

«Les Algériens veulent un Etat de droit, moderne, ouvert sur le monde.

L’Algérie est un pays pluriel. C’est un élément de richesse et non de régression», a-t-elle dit.

Interrogée sur l’ouverture d’enquêtes judiciaires à l’encontre des hommes d’affaires, l’ex-porte-parole du mouvement Mouwatana  (citoyenneté) a affirmé que la justice, qui doit faire sa mue vers plus d’indépendance, «ne doit écouter ni le pouvoir politique ni la rue». «La justice doit travailler dans la sérénité», a-t-elle insisté.

Appelant au respect de la présomption d’innocence, elle a laissé entendre que l’incarcération de certains patrons d’entreprises n’était pas nécessaire, d’autant que le code pénal octroie aux juges d’autres dispositions que la mise sous mandat de dépôt.

Zoubida Assoul a également dénoncé «une totale opacité» du parquet en matière communication, ce qui a «ouvert la voie aux spéculations et à la surenchère», tout en démentant les allégations selon lesquelles elle ferait partie d’un groupe d’avocats pour défendre certains hommes d’affaires poursuivis par la justice.

Interpellée au sujet de la polémique qui a surgi sur les réseaux sociaux,  suite à la participation par visioconférence du président du MAK, Ferhat Mehenni, avec des étudiants de l’université de Tizi Ouzou, la présidente de l’UCP a estimé que les opinions de Ferhat Mehenni demeurent minoritaires dans la région de Kabylie.

Convaincue de l’importance des débats contradictoires, l’ancienne magistrate  a fustigé les tenants de «la politique d’exclusion qui mène à l’extrémisme sous toutes ses formes».

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