Trafics aérien, terrestre et maritime gelés : Détresse à l’intérieur et l’extérieur du pays


Comme annoncé ce dimanche lors du Conseil des ministres, les frontières terrestres, maritimes et aériennes resteront fermées jusqu’à la fin de la pandémie.

Aucune information sur le dégel du transport interwilayas n’est dévoilée. Une situation de blocage étouffante pour bon nombre d’Algériens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Pourtant, il y a à peine une semaine, la compagnie aérienne Air Algérie avait rouvert ses agences commerciales pour la revalidation des billets. Plus de 600 000 billets seraient concernés.

Avant-hier, elle avait publié, dans un communiqué officiel, la liste des 60 agences rouvertes au grand public dans les quatre coins du pays. Une manière de préparer une reprise des vols, différée aujourd’hui à une date ultérieure. «Nous avons acheté de nouveaux billets pour un départ cette fin de mois. Nous avons été surpris, à la dernière minute, de l’annulation.

Je peux comprendre tout à fait le gel du trafic aérien, mais je reste abasourdi de l’attitude de ces compagnies qui se permettent d’encaisser de nouveaux billets alors qu’aucune date n’est encore dévoilée quant à la réouverture des frontières», écrit un des clients d’Air Algérie établi en France dans un groupe public sur le réseau social Facebook.

Depuis l’annonce de l’ouverture des agences, des files interminables de voyageurs détenteurs de billets se sont formées, notamment à l’étranger.

Que s’est-il réellement passé ? Pourquoi rouvrir les agences, opter pour un optimisme quant à un déblocage de la situation alors que rien n’a encore été décidé au palais d’El Mouradia ? Même si Air Algérie refuse de donner des explications quant à sa démarche, sauf l’aspect organisationnel de la chose, tout laisse à croire qu’il était réellement prévu une ouverture des frontières ce 1er juillet.

La complication de la crise sanitaire dans le pays et dans le monde et les bilans record dans le nombre de contaminations seraient derrière cette décision de maintenir le blocus. Dans la face cachée de cette situation, une grande détresse à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Si nos ressortissants établis à l’étranger ne pourront pas venir passer leurs vacances dans le pays, la situation est encore plus compliquée pour ces Algériens venus à Alger pour des soins, ou se sont déplacés vers d’autres wilayas du pays pour des motifs divers et qui se sont retrouvés pris au piège par le confinement et l’arrêt subite du transport routier interwilayas et le trafic aérien intérieur.

La situation est vraiment déplorable, notamment pour ces personnes qui se sont retrouvées sans abris avec la fermeture des hôtels et dortoirs, et sans ressources pour pouvoir louer un appartement.

Même les déplacements interwilayas en voiture de location ou à travers les applications VTC (voiture de transport avec chauffeur) restent hors de portée des petites bourses. Un simple déplacement à la wilaya de Djelfa, considérée pourtant parmi les wilayas du centre du pays, coûterait pas moins de 5500 DA.

Pour mémoire, les transporteurs privés refusent toujours de reprendre leur activité dans le milieu urbain et attendent des décisions quant au déconfinement du transport interurbain, nettement plus lucratif après plusieurs mois d’arrêt. De son côté, Air Algérie, en difficulté depuis des années, est lourdement impactée par cette interruption du trafic.

Au début de ce mois de juin, elle annonçait des pertes colossales qui dépassent les 3,8 milliards de dinars suite à cette suspension des liaisons aériennes imposée par la pandémie de coronavirus. Un déficit qui pourrait atteindre, selon les responsables de cette compagnie, les 89 milliards de dinars d’ici la fin de l’année.

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