Soufiane Djilali à Tizi Ouzou : «Il faut sortir du cadre constitutionnel et aller à une phase de transition»


Le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, a appelé hier, depuis Tizi Ouzou, à «sortir du cadre constitutionnel», estimant que la solution à la crise actuelle que traverse le pays ne doit pas passer par l’application de l’article 102 d’une Constitution qu’il juge «désormais caduque suivant le contexte où le peuple s’est prononcé par référendum», a-t-il affirmé.

Intervenant aux débats initiés à l’université Mouloud Mammeri, le conférencier a ainsi réagi à l’appel lancé, la veille, par le chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, pour l’application de l’article 102 de la Constitution, déclarant l’incapacité du président Bouteflika à aller au bout de son mandat. Soufiane Djilali soutient que cette mesure tend à «construire l’avenir sur une Constitution que nous avons refusée et rejetée».

Il ajoute que cet article donne lieu à l’installation, à la tête de l’Etat, de Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, pour une durée pouvant aller jusqu’à près de cinq mois. «C’est une impasse pour nous», soutient-il, expliquant que «le pouvoir veut user de tous les subterfuges afin de gagner du temps et rester le plus longtemps possible». Le conférencier affirme ainsi qu’il faut désormais sortir du cadre constitutionnel : «La Constitution actuelle appartient désormais au passé.»

Il estime qu’«il faut aller à une période de transition», ajoutant que «les représentants de l’Etat et ceux qui ont les moyens de prendre des décisions doivent engager des consultations avec la classe politique, les syndicats, la société civile et les personnalités nationales». M. Djilali explique que de ces discussions sortiront des noms pour gérer la phase de transition.

«Le contenu de la phase de transition doit être accepté de tous et elle doit se faire avec des hommes et des femmes de confiance pour aller vers de véritables élections.» Le porte-parole de Jil Jadid soutient, par ailleurs, que le seul acquis à travers l’appel à l’application de l’article 102 est que «Bouteflika ne restera pas au-delà de son mandat».

Soufiane Djilali, qui s’est attardé sur le soulèvement populaire que connaît le pays depuis le 22 février dernier, rappelle qu’en se mobilisant, «le peuple a d’abord fait tomber l’option du 5e mandat, puis celle du prolongement du 4e, il a aussi fait tomber le gouvernement d’Ouyahia». Et d’ajouter : «Le cap doit être maintenu, car le peuple est en train de gagner pas à pas.»

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