Son audition était annoncée durant la journée d’hier : Folles rumeurs sur la libération de Tabbou


Espoir vite déçu. Des rumeurs s’étaient répandues durant toute la journée d’hier sur l’audition de Karim Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), et sa rapide libération.

Les avocats et des sympathisants du militant s’étant déplacés au tribunal ont vite déchanté. «On n’a rien saisi. Le dossier aurait été programmé et annulé à la dernière minute. On est déçus. On aurait aimé avoir Tabbou parmi nous», note Abdelghani Tabbou, un des membres du collectif de défense. Le frère du détenu, Djaffar Tabbou, a précisé que le président du parti est toujours en isolement, tenant à rassurer que «cette épreuve ne peut que lui donner plus d’espoir et plus de résistance». Se déplaçant avec un groupe d’avocats à la prison de Koléa, Azzedine Toumi, cadre de l’UDS, a posté en début de soirée un commentaire : «Rien de nouveau dans le dossier. Il est toujours en détention.»

Le porte-parole de l’UDS a été arrêté, une première fois, le 12 septembre dernier, pour «atteinte au moral de l’armée». Il est libéré par la chambre d’accusation près la cour de Tipasa avant d’être de nouveau, 24 heures après, arrêté (26 septembre). Il est placé en détention provisoire par le juge instructeur du tribunal de Sidi M’hamed.

Les chefs d’inculpation retenus contre lui sont «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à la violence» via ses publications sur les réseaux sociaux. La famille Tabbou et ses nombreux sympathisants ont espéré voir le prisonnier libéré, comme les 76 détenus élargis jeudi dernier. Ils exigent plus d’explications de la justice. «J’étais dans la cour de la prison à 10h, lorsqu’un gardien m’a appelé pour rejoindre le greffe. J’ai eu à peine le temps de saluer mes codétenus, à l’instar de Boumala, Benlarbi, Redha Amroud, avec qui j’étais en isolement. On m’a remis un simple papier. Mes avocats n’étaient même pas au courant», s’indigne Mahrouche Rabah, un des détenus arrêtés le 13 septembre.

Auditions programmées

Et d’ajouter amer : «Des détenus ont bénéficié de non-lieu et ont été relaxés, comme M. Garidi, pourquoi pas nous ? Nous sommes sortis pour réclamer un Etat de droit, la fin de la  »hogra ». J’ai été arrêté dans la rue par des civils, à la sortie de ma maison au marché T’nach et conduit au commissariat du 14 (Hussein Dey). Après deux jours en prison, j’ai été présenté devant le juge qui m’a vite placé en détention.»

Des auditions de plusieurs hirakistes libérés sont programmées à partir d’aujourd’hui. Le procès des détenus de Tlemcen – Issehak Ghoumari, Sid Ahmed Medeledj, Sid Ahmed Bensahla et Smail Riyahi, incarcérés depuis novembre et condamnés à 18 mois de prison ferme le 18 novembre, ainsi que de 14 autres activistes condamnés à 2 mois de sursis – est programmé aujourd’hui au tribunal de Tlemcen, a annoncé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Le procès de Samira Messouci, Elhadi Kichou, Amokrane Challal et Mustapha Walid Aouissi, libérés le 23 décembre après avoir purgé la peine de prison d’un an, dont 6 mois avec sursis, est programmé pour demain à la cour d’Alger (Ruisseau). «Il s’agit du procès en appel (cassation) fait par les avocats suite à la condamnation du tribunal de Sidi M’hamed», précise le CNLD.

Le procès en appel (cassation suite au verdict de condamnation à 6 mois de prison ferme par le tribunal de Sidi M’hamed) des vendeurs de pin’s libérés le jeudi 2 janvier après avoir purgé leur peine d’emprisonnement, est programmé pour le mercredi 8 janvier à la cour d’Alger (Ruisseau).

Il s’agit de Akram Ghimouz, Abdelkader Bacha, Kheiredine Benzine, Fazil Dechicha (ex-détenus) ainsi que 6 autres vendeurs de pin’s sous contrôle judiciaire et qui ont été condamnés à 6 mois de prison ferme par le tribunal de Sidi M’hamed en novembre dernier, précise le comité. Enfin, le procès de Dahmani Nour Elhouda Yasmine, libérée le 25 novembre après avoir été condamnée à 6 mois de prison, dont 4 mois avec sursis (tribunal de Sidi M’hamed), est programmé pour le 15 janvier 2020 à la cour d’Alger (Ruisseau). L’étudiante a été arrêtée le mardi 17 septembre lors de la marche des étudiants.           

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