Sit-in des journalistes de l’EPTV à Constantine : Défendre la mission du service public


Les journalistes de l’Entreprise publique de la télévision (EPTV), affiliés à la station régionale de Constantine, ont observé, hier matin, un sit-in à l’intérieur du siège de cette dernière, sise à l’avenue Kadour Boumeddous. Les protestataires, à l’instar de leurs collègues d’Alger qui ont manifesté la semaine écoulée, ont exprimé leur mécontentement quant à la censure imposée par la direction dans le traitement de l’information, notamment depuis l’avènement du mouvement populaire.

Les journalistes de la capitale de l’Est se sont rassemblés pour faire entendre leur voix et exiger la liberté dans l’exercice de leur mission, celle du service public. Ils ont manifesté sous la pluie en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Ensemble défendons la liberté d’expression», «Free journalists, free society», «La Télévision publique, la voix du peuple» ou encore «Libérez la télé». D’autres slogans hostiles à la hiérarchie ont aussi été scandés en raison de leurs conditions de travail.

En défendant son droit à une information neutre, ce collectif a tenu aussi à rappeler la situation prévalant à la station régionale de Constantine, que d’ailleurs ce même collectif a dénoncée à plusieurs reprises dans les colonnes des différents médias nationaux et régionaux. «Nous avons réalisé des reportages de proximité, mais la direction les a bloqués», nou a-t-on déclaré, pour confirmer encore une fois qu’aucun changement au sein de l’entreprise ne s’est encore opéré.

En effet, syndicat et personnel n’ont eu de cesse de décrier la gestion de leur station, qui s’est enfoncée ces dernières années dans une crise sans précédent. Et d’énumérer des griefs, consignés dans un PV, à l’encontre du directeur régional en poste depuis 17 ans dont «la marginalisation des compétences, l’incapacité de mener à bien ses missions par manque de moyens humains, l’instabilité et l’injustice en matière de répartition des missions et utilisation du matériel et du personnel dans des projets ‘‘extra’’ ENTV…».

Hier, pendant au moins une heure, les journalistes de la télévision publique ont signifié, à partir de Constantine, leur rejet des pratiques de désinformation imposées par la hiérarchie et qui s’inscrivent en porte-à-faux avec l’essence même de la mission de service public.

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