Sa demande de mise en liberté rejetée : Karim Tabbou reste en prison


Karim Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS) et figure de proue du mouvement populaire, reste en prison. Sa demande de liberté provisoire a été rejetée, hier, par la chambre d’accusation près la cour d’Alger, confirmant ainsi la décision du juge d’instruction.

«Nous avons plaidé mercredi dernier devant le juge d’instruction pour la mise en liberté de Karim Tabbou. L’affaire a été mise en délibéré pour cette semaine. Au niveau de la cour d’Alger, il y a deux auditions, les dimanche et mercredi. La chambre d’accusation de la cour d’Alger a décidé de rendre son verdict hier, qui est le maintien de Karim Tabbou en prison», affirme Me Zoubida Assoul.

Beaucoup considèrent qu’une éventuelle libération de Tabbou ou son maintien en détention constituerait un indice des véritables intentions du nouveau Président, mais après son discours d’investiture, d’aucuns ne se faisaient d’illusion sur le sort des détenus politiques et d’opinion. Tebboune n’a soufflé mot sur ce sujet, donc il ne fallait pas s’étonner de voir la demande de liberté provisoire de Karim Tabbou rejetée.

Arrêté une première fois le 11 septembre devant son domicile, sur les hauteurs d’Alger, Karim Tabbou est placé le lendemain, sur ordonnance du juge d’instruction, sous mandat de dépôt à la prison de Koléa pour le chef d’inculpation de «participation à l’entreprise de démoralisation de l’armée».

On lui reproche des propos critiques sur l’institution militaire lors d’un meeting populaire organisé, en mai dernier, dans la ville de Kherrata. Il a été remis en liberté, le 25 septembre, par la cour de Tipasa, avant qu’il ne soit arrêté à nouveau 24 heures plus tard. L’ancien premier secrétaire du FFS a été présenté devant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed, qui a ordonné son placement sous mandat le 2 octobre dernier.

Il est poursuivi pour «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à la violence» via ses publications sur les réseaux sociaux. «Ce type d’agissement est une provocation prononcée et ne peut être que de connotation politique. Une décision qui n’honore point notre pays qui milite pour la liberté, l’Etat de droit et la démocratie», avait dénoncé Me Mustapha Bouchachi.

Même en prison, Tabbou fait peur au pouvoir, puisqu’il était placé en isolement et dans le couloir réservé aux condamnés à mort. Les conditions de son incarcération ont suscité l’inquiétude de ses avocats. Pour ces derniers, le placement en isolement de Tabbou est une condamnation avant l’heure.

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