Réunion des plus hauts gradés de l’institution militaire : Gaïd Salah-Bouteflika, la fin d’un duel


Un duel s’est déroulé entre l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) et la présidence de la République. Hier, à l’issue d’une réunion qui a regroupé les plus hauts gradés de l’institution militaire, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a tenu à réagir au «communiqué attribué au président de la République», rendu public la veille, et qui évoquait, par Abdelaziz Bouteflika, sa démission avant le 28 avril et la prise d’importantes décisions à l’effet de permettre d’assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’Etat durant la période de transition qui s’ouvrira à la date à laquelle il décidera de démissionner.

«Alors que le peuple algérien attendait avec impatience la satisfaction de ses revendications légitimes, a paru en date du 1er avril un communiqué attribué au président de la République, alors qu’en réalité il émanait d’entités non constitutionnelles et non habilitées, ayant trait à la prise de décisions importantes concernant la phase de transition», a déclaré Gaïd Salah avant d’ajouter : «Dans ce contexte particulier, nous confirmons que toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue.» La messe est dite : le chef d’état-major ne reconnaît plus le président de la République.

Ce dernier a notifié sa démission au Conseil constitutionnel près d’une heure après le communiqué de l’état-major de l’ANP.

Avant cette réaction de l’état-major, il y a eu deux «faux» communiqués attribués à la Présidence qui ont provoqué une polémique, avant qu’ils ne soient démentis. Les deux communiqués sont relatifs au «limogeage» du chef d’état-major de l’ANP. Certains y ont vu une «grossière manipulation».

Ce n’est un secret pour personne que les rapports entre l’état-major et la Présidence sont devenus «tendus» depuis que Gaïd Salah avait suggéré, le 26 mars dernier, la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution relatif à l’état d’empêchement du Président.

Le vice-ministre de la Défense nationale a même été obligé de réaffirmer sa «requête» trois jours plus tard et au lendemain de la marche du vendredi 29 mars, mais en y évoquant également les articles 7 et 8 de la Loi fondamentale.

Mais c’est finalement le dernier communiqué de la présidence de la République, dans lequel le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a indiqué qu’il allait démissionner «avant le 28 avril prochain» qui a accentué cette tension.

Apparemment, c’est le passage relatif aux «importantes mesures» qui seront prises durant les jours à venir qui a posé problème. «La nomination du nouveau gouvernement en date du 31 mars 2019 par son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, sera suivie par d’importantes décisions qu’il prendra, conformément aux dispositions constitutionnelles, à l’effet de permettre d’assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l’Etat durant la période de transition qui s’ouvrira à la date à laquelle il décidera sa démission.

Ladite démission du président de la République interviendra avant le 28 avril 2019, date de la fin de son mandat électif», a-t-on indiqué dans le communiqué en question.

Le poste de chef d’état-major de l’ANP allait-il être touché par ces «importantes décisions» ? Et dans ce cas-là, le clan présidentiel a-t-il tenté de «neutraliser» l’état-major qui faisait pression sur lui ?

Ou s’agirait-il simplement d’une revanche à prendre sur celui qui les aurait lâchés lorsque les choses se sont compliquées ? Ceci, sachant qu’Ahmed Gaïd Salah, qui a accédé au poste de chef d’état-major de l’armée en août 2004 et de vice-ministre de la Défense nationale en septembre 2013, faisait partie, jusqu’au 26 mars dernier, de ce cercle des «fidèles».

Le 6 mars, soit après deux vendredis de contestation, il tenait toujours au processus électoral. En tout cas, les choses pourront se décanter complètement ce vendredi avec la réponse qu’apporteront les citoyens à toutes ces questions en approuvant ou non la «feuille de route» d’Ahmed Gaïd Salah et les dernières évolutions.

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