Retard dans la délivrance des résultats des tests de dépistage du Covid-19 : L’Institut Pasteur dépassé…


De nombreux patients, qu’ils soient confinés à la maison ou isolés à l’hôpital, sont en attente de leurs résultas.

Vu le nombre important des prélèvements pour le dépistage du Covid-19 acheminés, depuis la semaine dernière, vers l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) de différentes wilayas du pays, où des premiers cas de coronavirus ont été notifiés, plusieurs séries de résultats des tests sont retardées.

De nombreux patients, qu’ils soient confinés à la maison ou isolés à l’hôpital, sont en attente de leurs résultats. Ce qui accentue davantage leur angoisse et la suspicion par rapport à ce virus SARS-CoV-2 dont les traces sont recherchées au niveau des cavités nasales ou dans la gorge.

«On prélève des cellules nasales profondes à l’aide d’un écouvillon spécifique, une sorte de long coton-tige que l’on insère dans les cavités nasales», explique un spécialiste des maladies infectieuses. Et de préciser que ce test de dépistage sert à détecter une charge virale caractéristique de la maladie Covid-19 pour isoler les patients contaminés.

Il permet également de déterminer à quel moment une personne contaminée est guérie. «L’Institut Pasteur d’Algérie connaît une réelle saturation pour les analyses des tests, malgré la mobilisation de plusieurs équipes. Ce qui fait d’ailleurs retarder à chaque fois les résultats. Il y a un retard de près d’une semaine de ces résultats.

Ce qui donnera automatiquement un chiffre important de cas s’ils s’avèrent positifs. Ils ne peuvent pas être considérés comme s’ils avaient été réalisés en 24 heures, puisque les résultats des tests doivent être remis sous 24 heures, alors depuis la multiplication du nombre de cas, les réponses de l’IPA s’étalent sur trois à cinq jours.

Ce qui fausse en quelque  sorte le décompte pour l’analyse épidémiologique de la situation», nous confie une source proche du dossier. Et de relever que certains résultats «sont arrivés en post-mortem pour des cas hospitalisés pour d’autres motifs, et qui se sont avérés positifs au Covid-19.

Le corps a été récupéré par la famille sans avoir la confirmation et aucune précaution bien sûr n’a été prise pour éviter la contamination et la propagation au sein de la famille», souligne notre source. Effectivement, il se trouve que parmi les décès enregistrés en Algérie, qui sont en nombre de 12, deux décès par famille sont notifiés (frères et sœurs) à Blida et à El Oued.

Afin d’éviter justement la saturation de l’IPA, le ministère de la Santé a décidé d’ouvrir et d’équiper des annexes de l’Institut dans les wilayas d’Oran et de Constantine en matériel nécessaire aux analyses, ainsi qu’à la formation d’équipes de dépistage du virus. Une mission qui tarde à se concrétiser puisque les échantillons arrivent toujours à Alger, où 1200 tests ont réalisés jusque-là.

Les spécialistes redoutent l’«explosion» de l’Institut Pasteur, surtout avec l’arrivée de près de 5000 personnes rapatriées de l’étranger et particulièrement des pays où le virus est en forte activité, notamment la France, l’Espagne et l’Italie, dont certaines seront soumises obligatoirement au dépistage.

D’ailleurs,  dans une instruction  du ministère de la Santé envoyée aux hôpitaux la semaine dernière pour justement anticiper sur les pénuries des kits de dépistage et le réactif  pour les analyses, il est notifié que «le test de dépistage au Covid-19 est réalisé uniquement en cas de présence de symptômes ou face à des cas sévères», a-t-on appris. 

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