Responsables démis : Du rififi dans le secteur de l’eau


La série de limogeages dans le secteur des Ressources en eau se poursuit, avec la mise de fin de fonctions, annoncée hier, de pas moins de 20 responsables du secteur.

Des décisions qui sont survenues à la suite des perturbations que connaît ces derniers jours la distribution en eau potable et surtout les affirmations des plus hauts responsables du pays selon lesquelles la crise serait «provoquée».

Le ministère des Ressources en eau a annoncé, hier, via un communiqué, le limogeage de 20 de ses responsables, principalement des directeurs de wilaya. Ceci, «en application des instructions données par le président de la République au ministre des Ressources en eau lors du Conseil des ministres tenu le 23 août, visant à venir à bout du problème des coupures de l’eau potable et de la mauvaise gestion des ressources en eau dans certaines villes et zones d’ombre». Mais aussi, dans la «continuité des mesures prises précédemment portant fin de fonctions du directeur général et de cadres de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) ainsi que de directeurs locaux d’unité».

En effet, le 26 août dernier, le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, a mis fin aux fonctions du directeur général de la Seaal ainsi que de 26 directeurs d’unité de wilaya de l’Algérienne des eaux (ADE). «La décision a été prise suite à une large opération d’inspection et d’évaluation, notamment après les perturbations enregistrées lors des deux jours de l’Aïd El Adha», avait-on indiqué dans le communiqué annonçant ce limogeage.

Et d’ajouter : «Suite à un rapport de l’inspection générale du ministère des Ressources en eau, qui a mené une enquête approfondie, il a été établi que les perturbations et insuffisances dans les wilayas d’Alger et de Tipasa étaient dues, dans une large mesure, à la mauvaise gestion.»

Si ce département ministériel évoque une «mauvaise gestion», les responsables politiques, eux, font référence à un «complot». Hier, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Slimane Chenine, a déclaré, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire ordinaire, qu’«il n’est pas concevable que certaines crises provoquées se poursuivent, à l’instar de la distribution de l’eau potable dans certaines régions, et le problème des liquidités».

Qui a provoqué ces crises ? Celui-ci n’en dira pas plus. M. Chenine n’est pas, évidemment, le premier à évoquer un complot. Le 2 août dernier, et s’exprimant au sujet des feux de forêt, des perturbations de l’alimentation en eau potable (AEP) et des coupures d’électricité enregistrés dans plusieurs régions du pays, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a évoqué des «actes prémédités visant à semer la discorde et l’instabilité dans le pays».

Le lendemain, lors d’une réunion du Haut conseil de sécurité, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a souligné un communiqué de la Présidence, «a insisté pour que des enquêtes approfondies soient menées avec la plus grande célérité sur de tels agissements, entre incendies de forêt, ruptures de l’alimentation en électricité et eau potable, indisponibilité brutale des liquidités au niveau des centres postaux et dégradation des bouteilles et citernes d’oxygène dans les hôpitaux, à l’effet de déterminer avec précision les véritables responsabilités».

Ces limogeages survenus ces derniers jours dans le secteur des Ressources en eau sont-ils donc liés à ces accusations ? En tout cas, le ministère en charge du secteur évoque seulement la «mauvaise gestion» dans certaines localités et zones.

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