Rassemblement de la diaspora algérienne à Paris : «Attachement à la primauté du politique sur le militaire»


Plus que jamais, nos compatriotes en exil, spécialement en France, sont mobilisés en soutien à la révolution citoyenne du peuple algérien contre le système militaro-politique qui tente désespérément, par tous les moyens, de survivre à l’onde de choc «dégagiste» provoquée par la tentative d’avaliser un 5e mandat du désormais ancien président Abdelaziz Bouteflika.

«La volonté populaire s’exprime remarquablement dans les rues d’Algérie, et partout dans le monde, pour un changement radical du système de gouvernance», lit-on dans une déclaration publique du collectif associatif Libérons l’Algérie, principal organisateur d’une nouvelle forte mobilisation de la diaspora qui a eu lieu hier, place de la République à Paris, malgré une météo hivernale plutôt défavorable.

Regroupant une vingtaine d’organisations de la société civile et de mouvements politiques de l’opposition, cette structure unitaire sert, selon ses animateurs, de cadre «auto-organisationnel», dont le but principal est d’accompagner le peuple algérien qui «s’est engagé dans le combat pour restituer sa souveraineté usurpée et exercer sa citoyenneté».

Le même document dénonce l’obstination des «vrais décideurs» au sein du régime à refuser un réel processus de transition démocratique et consensuelle. «Le pouvoir, au lieu de répondre à la demande de la rue, actionne sa machine répressive et manœuvre par des réaménagements de façade pour gagner du temps, se recomposer et se maintenir», regrettent les auteurs.

Depuis la démission de Bouteflika, suivie ensuite par celle de son protégé Tayeb Belaïz, président du Conseil constitutionnel, le cap d’une majeure partie de la communauté nationale établie à l’étranger est toujours maintenu, fixé sur la même direction du «hirak vendredien» qui, loin de s’essouffler, s’affirme davantage dans son caractère populaire, unitaire et pacifique dix semaines après son lancement, avec le seul mot d’ordre : «Qu’ils dégagent tous !»

Et ce, malgré la relance de l’entreprise propagandiste médiatico-politique par le tandem de l’Exécutif, Abdelkader Bensalah-Noureddine Bedoui, contesté chaque jour par des milliers de manifestants qui le considèrent illégitime, maintenu par le fait du prince exercé par l’institution militaire.

C’est pourquoi, les protestataires ont exprimé une position intransigeante : «Nous dénonçons le commandement militaire et les généraux qui s’immiscent, en violation des lois de la République, dans le champ politique. Et, nous réitérons notre attachement à la primauté du politique sur le militaire.»

Enveloppés dans le drapeau algérien pour les uns, dans l’emblème berbère pour les autres ou encore dans les deux pour certains d’entre eux, les manifestants ont porté plusieurs slogans et des pancartes exprimant leur opposition à la gestion «militarisée» de la crise politique dans notre pays.

En effet, «Gaïd Salah dégage», était l’une des revendications qui ont fait l’unanimité parmi les intervenants lors des différentes prises de parole et débats citoyens improvisés sur la célèbre et symbolique agora parisienne.

Les mêmes orateurs ont montré une maturité politique remarquable et une grande conscience citoyenne en s’inscrivant en faux contre les «faux débats» qui mobilisent depuis plusieurs jours toutes sortes de discours de haine et de division.

Ils ont également, dans ce sillage, exprimé leur rejet énergique de l’«instrumentalisation» de la justice au profit de règlements de comptes entre différents clans au sein du régime, qui vaudraient sacrifier quelques têtes pour sauver le reste.

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