Plusieurs activistes du hirak acquittés et d’autres condamnés


Ils comparaissaient, hier, devant des tribunaux du pays

Selon la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), près de 400 personnes ont été arrêtées lors de la marche, désormais traditionnelle, du 43e vendredi de rassemblement national à Oran.

Plusieurs tribunaux du pays ont requis, hier, des peines d’emprisonnement contre des manifestants et activistes du hirak, alors que d’autres ont décidé de remettre en liberté des dizaines d’autres hostiles au scrutin présidentiel, a annoncé Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), sur sa page Facebook. A Annaba, Ahmed Hafiane et Boussaha Zakaria, deux activistes du hirak, ont été condamné à six mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 50 000 DA. Le procureur de ladite ville avait requis une peine de deux ans de prison, assortie d’une amende de 20 000 DA, à leur encontre, selon lui.

Ils étaient poursuivis pour «incitation à attroupement non armé». A Oran, Ali Chaouch a été condamné à une année de prison avec sursis, assortie d’une amende de 10 000 DA pour «attroupement et incitation à attroupement». Le jeune Yazid Hamane, arrêté pour avoir brandi une pancarte durant la marche de vendredi dernier, a été condamné à trois mois de prison ferme. «Il est déjà en prison sans que sa famille soit informée», a fustigé Saïd Salhi, ajoutant que Guendouz Maroua et sa mère ont été remises en liberté. Le Comité national de libération des détenus (CNLD) a dénoncé, pour sa part, une «répression judiciaire», après la répression policière durant le week-end à Oran.

Selon la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), près de 400 personnes ont été arrêtées lors de la marche, désormais traditionnelle, du 43e vendredi de rassemblement national à Oran. La violente répression des manifestants oranais, qui rejetaient l’élection de Abdelmadjid Tebboune à la Présidence, lors du scrutin controversé de jeudi, a suscité une vague d’indignation dans les rangs du hirak et de l’opposition.

A Tlemcen, les 18 activistes du hirak, qui comparaissaient aussi devant le tribunal de la ville, ont été libérés, à part 3 détenus qui sont placés en détention provisoire, d’après le vice-président de la LADDH. Ils ont été interpellés lors des actions de protestation organisées le 12 décembre contre les élections. L’activiste Benneghrouzi Fatima Zohra comparaissait, quant à elle, devant le tribunal de Mostaganem.

Le tribunal de Biskra a prononcé l’acquittement des 24 prévenus arrêtés lors d’une manifestation anti-élection. Par ailleurs, Bekicha Ali et Fathiza Tidjani Chaïb de Oued Souf (El Oued), arrêtés la semaine passée, ont été placés en détention provisoire, mercredi dernier, veille du scrutin présidentiel, pour «incitation à attroupement», selon la CNLD. Incarné par le général Ahmed Gaïd Salah, le régime a accentué la répression contre le hirak ces derniers mois.

Près de 140 manifestants, militants ou journalistes ont été incarcérés pour des faits liés au hirak, en détention provisoire ou condamnés à des peines de prison ferme, d’après un bilan non exhaustif du CNLD.

Faiblement élu au terme d’un scrutin massivement contesté par la rue, le nouveau président, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé, vendredi, qu’il veut « tendre la main» au mouvement de contestation. Cependant, il était évasif sur la question de la libération des détenus politiques et d’opinion, réclamée depuis plusieurs mois par le hirak et l’opposition. 

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